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Biotecna et Saur: sites de compostage de boues stations d'épuration.

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Biotecna et Saur: sites de compostage de boues stations d'épuration. Manifestation citoyenne du  3 novembre 2026.

 

J’ai été contacté en juin cette année par l’association des riverains affectés par les nuisances de ce site. C’est en raison de mon travail d’influenceur pour le blog Pays de Fayence, que j’ai animé de 2005 à 2023. Mon épouse et moi étions venus nous installer à Callian pour notre retraite à la fin de l’année 1997. Nous avons dû en partir à regret en octobre 2023, à cause d’une maladie incurable de mon épouse ; elle est malheureusement décédée en mars 2026. Je réside aujourd’hui dans une résidence senior à Fréjus. 

 

J’étais pleinement engagé dans la vie citoyenne de Callian, puis dans celle de la communauté de communes créée en 2006 à l’initiative de François Cavallier, maire de la commune depuis 1995. J’ai couvert tous les aspects de la vie sociale locale, notamment la production d’eau, la gestion des déchets et l’assainissement collectif par les stations d’épuration. Celles-ci se sont transformées et ont été agrandies pendant toute cette période, marquée en particulier par la construction d’une station d’épuration commune à Montauroux et Callian. 
Ces extensions ont été nécessitées par la très forte croissance de la population et du nombre de logements, évolution qui est maintenant arrêtée.

 

La capacité de traitement d’une station d’épuration se mesure en nombre d’équivalents-habitants, sur la base d’une consommation moyenne d’eau par an. En moyenne un habitant produit entre 15 et 20kg de boues sèches par an.  Le procédé de traitement consiste à séparer l’eau des matières solides: les matières organiques et les bactéries, les plastics et autres matières délétères . Les eaux épurées sont ensuite rejetées dans un cours d’eau, tandis que les boues résiduelles contenant encore 70-80% d'eau (*) doivent être traitées par séchage et, si possible, valorisées. Ici, la valorisation consiste à produire un compost utilisable en agriculture, en mélangeant ces boues avec des déchets verts dans une proportion de deux pour un. Les composts utilisables en agriculture  doivent satisfaire une norme très stricte, La norme NF U44-095 : Elle s'applique spécifiquement aux composts contenant des boues de stations d'épuration. Elle impose des critères stricts de fermentation, d'hygiénisation, de teneurs maximales en éléments-traces métalliques et une traçabilité rigoureuse des lots. 
(*) on raisonne plutôt en siccité , ici  30-20%

 

Dans le cadre du développement de mes connaissances sur le traitement des eaux usées, j’ai été amené à m’intéresser à un site de traitement des boues d’épuration de la ville de Marseille, situé à Ensuès-la-Redonne, à l’ouest de Martigues. Ce site est conçu pour produire 60000 tonnes de compost par an à partir de 30000t de boues humides et 30000t de végétaux verts. En considérant ces boues à 80% d'eau, ou 20% de siccité, et sur la base de 20 kg/an et par habitant, cela donne une population de l'ordre de 300000 equivalent habitants.  La population de Marseille est de 900000 habitants. Ensues la Redonne traite donc environ  un tiers des boues de cette métropole. 

 

Le site d'Ensuès-la-Redonne se compose d’un vaste hangar fermé, équipé d’un système maintenu en dépression pour limiter la propagation des odeurs. C’est là que se déroule la première phase de traitement des boues en mélange avec les déchets verts : une fermentation aérobie qui détruit les bactéries et organismes nuisibles.
L’étape suivante est la maturation à l’extérieur, en andains, sur une aire bétonnée. Le site fonctionne ainsi en circuit fermé, sauf pour les odeurs produites lors de cette phase de maturation. J’avais été impressionné par ce site conçu et exploité par la société Biotechna, et j’avais partagé le récit de mon enquête sur le blog Pays de Fayence, dans l’optique du développement des stations d’épuration rendu nécessaire par la croissance de la population. 

 

J’en viens maintenant au site de la SAUR au Jas de la Maure, conçu par cette entreprise de renommée mondiale. Le lieu fut choisi en raison de la présence d’un terrain sur lequel la société d’assainissement Taxil procédait, par lagunage, au traitement des eaux des fosses septiques des habitants du Pays de Fayence non raccordés au réseau collectif. Après négociation avec Taxil, la SAUR a implanté son site de traitement des boues à l’ouest, sur une superficie de deux hectares. Par la suite, Taxil a cédé son entreprise à SAUR, qui en a repris toutes les activités et les responsabilités. 

 

En apparence, le site est situé au milieu de nulle part, isolé des habitations proches. Pourtant, lorsque j’ai été contacté et que j’ai visité les installations, je n'ai pas pu m'empêcher de les comparer à celles d’Ensuès-la-Redonne  Et là, surprise : pas de bâtiment couvert en dépression pour la première phase de fermentation.  Tout se déroule à l’air libre, sur des andains posés sur des terrains non étanches. Le traitement ne se fait absolument pas en circuit fermé. En cas d’orages et de fortes pluies, les eaux utilisées lors du traitement se déversent, polluées, à l’extérieur du site. Ces lixiviats viennent directement impacter les habitants situés en aval, à environ 400 mètres.

 

La manifestation citoyenne du 3 novembre fut précisément motivée par cette situation environnementale. Le préfet du Var a mis en demeure la société SAUR de remédier aux causes de ces nuisances par des aménagements structurels, avec une date butoir fixée au 31 octobre. À l’heure actuelle, je ne sais pas quelles modifications ont été exécutées. 

 

J’en reviens à Ensuès-la-Redonne. En retournant aux nouvelles de ce site, j’ai découvert que les riverains des quatre communes limitrophes n'ont jamais cessé de se battre en raison des odeurs pestilentielles. Face à cette mobilisation citoyenne puissante, les autorités ont annoncé que le site allait progressivement réduire le tonnage traité, jusqu’à une fermeture définitive actée pour le 31 décembre 2028, suivie de son démantèlement complet. 

 

En conclusion, je pense que le site de Saur n'est techniquement pas viable en l'état ; il faut imposer sa mise en circuit fermé  ou sinon d'envisager sa fermeture et son remplacement par une autre exutoire pour la faible procduction de boues locale qui n'impliquerai pas des coûts de transport élevés.

 

Je soumets ces deux lettres adressées respectivement au Président de la Communauté de Communes du Pays de Fayence et au Maire de Tourrettes, commune d'implantation de ce site.

 

  1. Lettre au président de la Communauté de communes du pays de Fayence https://justpaste.it/iehap
  2. Lettre au maire de la Commune de Tourrettes https://justpaste.it/inxo9