📊 Partie 1 : Anatomie du Circuit — Pourquoi le moteur s'emballe ?
1. La Production : L'unique poumon du système
"Regardons le point de départ de mon schéma : la Production. Dans notre modèle actuel, c'est l'unique poumon qui oxygène tout le reste. Chaque euro qui finance une consultation chez le généraliste, chaque centime qui paie une pension de retraite, provient d'ici. En France, la protection sociale est financée à plus de 80 % par les revenus de l'activité (salaires et bénéfices).
C’est un choix noble, celui du travail qui protège. Mais c’est aussi notre vulnérabilité. Si la production stagne, le poumon s’arrête, et c’est tout le corps social qui entre en apnée. Pour maintenir le débit, nous sommes condamnés à demander 'toujours plus' aux entreprises et aux travailleurs."
2. Le paradoxe Santé-Vieillissement : La boucle de rétroaction
"C’est ici que mon schéma révèle ce que j’appelle la boucle de la longévité. Regardez cette flèche qui part du bloc 'Santé' et qui remonte vers le 'Vieillissement'.
Le succès de notre médecine et de notre protection sociale fait que nous vivons plus vieux. C’est une victoire. Mais démographiquement, cela signifie que la base des actifs (ceux qui produisent) rétrécit par rapport au nombre de retraités (ceux qui consomment le soin).
· En 1960, nous avions 4 actifs pour 1 retraité.
· En 2025, nous nous approchons de 1,7 actif pour 1 retraité.
Le réservoir de santé doit se remplir de plus en plus vite, alors que le nombre de mains pour actionner la pompe diminue. C’est une impasse arithmétique."
3. Les limites de la croissance de flux
"Pour résoudre cette équation, on nous dit qu'il faut de la 'Croissance'. Toujours plus de PIB. Mais regardons la réalité : pour financer un système qui croît par nature (à cause du vieillissement), il faudrait une croissance économique que la planète ne peut plus supporter.
Nous sommes dans une économie de flux : on brûle de l'énergie et de la matière pour produire, afin de taxer cette production, afin de payer des soins. C’est un serpent qui se mord la queue. Plus nous produisons pour sauver nos aînés, plus nous dégradons l'environnement dans lequel vivront nos enfants.
C’est ce que j’appelle la dictature du PIB : nous avons lié la survie de nos retraités à la destruction accélérée des ressources naturelles. Tant que nous resterons dans ce modèle de 'flux pur', nous ne pourrons pas sortir de ce paradoxe sans sacrifier soit notre santé, soit notre avenir."
💡 Transition vers la Partie 2 :
"Alors, face à ce constat, que font nos responsables politiques ? Ils se fragmentent. Ils regardent chacun un morceau de ce schéma sans jamais voir l'ensemble. C'est ce que nous allons voir dans la partie suivante : le choc des visions entre l'offre, la demande et ce que Jean-Louis Borloo appelle le 'Hors-Économie'."
