Changement climatique: le risque d'un basculement brutal vers des températures élevées?

 

Le risque d'un basculement brutal vers des températures élevées? Un rechauffement, pas une glaciation, est-il une menace pour la planète entière, partout et pour tous? L'homme moderne,  au stade atteint par son évolution génétique et culturelle, en est-il la seule cause? C'est tout l'enjeu du débat sur le climat.

Le GIEC a publié en octobre 2018 le 5è rapport sur l'évolution du climat  (1).

Difficile d'être contre les signes de l'évolution du climat. Ce rapport du Giec 2018 est un peu moins alarmiste - plus nuancé  - que le précédent N°4 publié en 2007, mais le Giec est tout aussi inquiet pour l'avenir de l'humanité sur la planète terre.

Les rapports du GIEC sont une synthèse des publications d'environ 1000 scientifiques multi disciplinaires sur les connaissances du climat et de son évolution  à travers les ères géologiques (4) jusqu'à présent; notamment depuis la dernière grande  glaciation au quaternaire, à la fin du pleistocène et  au début de l'holocène (-10000 ans avant le présent).

Le GIEC ne mène pas de recherches en son propre nom mais a pour mission, au sein de l'ONU, d’évaluer les informations et connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques, permettant de comprendre les  risques liés au changement climatique actuel prétendûment d’origine anthropique, anticiper les conséquences possibles de ce changement et envisager des stratégies d’adaptation et d’atténuation. Les dix années les plus chaudes depuis 1850 sont toutes postérieures à 1998.

Les deux articles suivants d'Hervé Le Treut et de Jean Jouzel sont particlièrement pertinents.

et on ne peut pas écarter les contributions de Jean-Marc Jancovici (Manicore), Alain Grandjean (chronique de l'anthropcène) et le Shift Project pour une économie libérée de la contrainte carbone..

La quasi totalité de l'énergie de notre planète provient du soleil. L'énergie d'origine interne est minime. Le graphisme ci-dessus, produit par la NASA,  montre le bilan d'énergie calculé sur 10 années de données. Il montre une énergie nette reçue de 0.6W/m2, ce qui signifie que la planète se réchauffe.

Le GIEC affirme que ce réchauffement tend à s'emballer et que les cycles et processus de régulation climatique classiques sont dépassés depuis 1950, avec notamment le dégel du pergélisol contenant du méthane (CH4), dont l'action sur l'effet de serre est de 25 fois supérieure au dioxyde de carbone (CO2); et la fonte des glaces polaires et des glaciers augmente l'absorption par les sols et les océans de l'énergie solaire par réduction de l'effet albédo

Durant les canicules qui deviennent plus fréquentes, la végétation ralentit sa croissance et donc sa capacité à extraire le carbone de l'atmosphère. Il s'agirait  alors d'un risque de basculement vers un déséquilibre climatique de forte ampleur, sans que  l'on sache si un point de non-retour est déjà atteint.  Il serait alors déjà trop tard!

L'histoire des variations climatiques récentes est l'objet des travaux de l'historien du climat Emmanuel Leroy Ladurie.  Les études des climats passés plus lointains - la paleo climatologie, consistent à rechercher l'histoire des  climats anciens par des sondages dans les couches de glace qui recouvrent l'arctique et l'antarctique. En Arctique, c'est sur le sommet du Groenland que des recherches ont été faites par une équipe Européenne et une équipe Américaine; il s'agit des projets GISP,  GRIP et NGRIP (6). Ces données couvrent une période de jusque 700000 ans avant le présent. Ces études ont mis en évidence des variations rapides de climat lors de la transition de la fin du pleistocène au début de l'holocène. Elles ont permis l'expansion de l'espèce humaine par la possibilité de se nourrir par l'adoption de l'agriculture, après le réchauffement  qui a suivi la fin de la glaciation (7). En antarctique le  sondage de la station russe Vostock a été creusé à  3.5km (photo)..Et en Polynésie on a fait les mêmes recherches mais par des études sur des carottages des récifs coralliens.  La fin de la dernière période glaciaire est la période des Dryas récent ou Younger Dryas (10) observé dans l'hémisphère Nord. C'est une période de retour de la glaciation qui a retardé le réchauffement de l'holocène, le passage à l'agriculture et la migration d'Homo.Sapiens sur toute la planète.

Des paleoanthropologues pensent que le cerveau de l'homme moderne serait une adaptation évolutive de notre espèce à la variabilité des climats anciens sur le temps géologique, au changement d'environnement qui en est résulté la savane remplaçant la forêt et conjugué à la séparation du rift de l'est de l'Afrique. C'est la conjonction de ces 3 facteurs qui aurait provoqué la spéciation d'Homo.sapiens se séparant de nos ancêtres communs, les grands singes. Ensuite le développement du cerveau et l'évolution culturelle qui en est le résultat,  par le langage et l'écriture, beaucoup plus rapide que l'évolution génétique, est la cause de la formidable expansion de notre espèce sur la planète entière,    partant de l'agriculture. Le stade atteint aujourd'hui a pris seulement les 200000 ans  sur 7 millions d'années d'évolution . Voir cette vidéo de Pascal Picq paleoanthropologue, darwinien et successeur d'Yves Coppens.

[video]https://youtu.be/UkulqqJQW9o[/video]

Il faut bien aussi signaler que les positions du GIEC sont controversées par de nombreux scientifiques, hors GIEC. Une liste est donnée en (9) . Elle comprend ceux du groupe des climato-optimistes  ex climato-sceptiques (10).

 

En savoir plus:

  1. GIEC/IPCC 5è rapport publié en 2018
  2. Qu'est ce que le GIEC?
  3. Giec : que nous apprend le dernier rapport sur le réchauffement climatique ?
  4. L'échelle des temps géologiques
  5. Terminologie: Qu'est ce que le changement climatique
  6. Greenland ice core project
  7. Origines de l'agriculture 1/2
  8. Origines de l'agriculture 2/2
  9. Liste de scientifiques sceptiques sur le réchauffement climatique
  10. Le groupe des climato optimistes ex climato sceptiques.
  11. The Younger Dryas (c. 12,900 to c. 11,700 years BP) was a return to glacial conditions which temporarily reversed the gradual climatic warming after the Last Glacial Maximum started receding around 20,000 BP.
  12. Reconstruction du climat et de l’environnement des derniers 800 000 ans à partir des carottes de glace – variabilité orbitale et millénaire.
  13. Urgence climatique: Il nous reste très peu de temps pour réagir