Alteo Alumine Gardanne Autres éléments du dossier les boues rouges

 

En  fait Alteo a obtenu fin 2015 l'autorisation de continuer à rejeter les liquides séparées des solides des boues résultant des la production d'Alumine. ces liquides devaient respecter certaines caractéristiques chimiques et physiques. L'autorisation donnée par le préfet sur ordre de Valls a fait un peu de bruit mais l'affaire aurait pu en rester là si Alteo en Juin 2016 ne s'était pas fait prendre en faute en rejetant des liquides hors des limites autorisées et du coup cela a relancé le débat.

Les liquides rejetés contiennent des métaux lourds donc sont déjà limites aux yeux de l'opinion publique et comme "ils ne sont pas capables de respecter les normes imposées de rejet", la pression est montée pour faire stopper la production. 

quoi qu'on en pense sur le fond, Alteo a eu le tort de "faire des vagues" sur un sujet sensible au lieu de ne plus faire parler de lui. Pour avoir travaillé dans les procédés industriels, je dois dire que des incidents de production arrivent qui font que les déchets ne satisfont pas les normes. Si on ne repère pas ou on n'est pas capable d'avoir un traitement alternatif pour les déchets hors normes, on est mal parti et on risque la fermeture (Le moyen alternatif le plus simple est le stockage des déchets hors normes et la dilution dans des déchets légèrement meilleurs que les normes pour rejeter finalement un rejet résultant juste aux normes)

 

Six mois après la fin des rejets de boues rouges dans les calanques, une pollution anormalement élevée a été relevée dans les effluents liquides évacués par l'usine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), à qui l'Etat a donné deux mois pour corriger le tir. La préfecture des Bouches-du-Rhône a enjoint l'industriel Alteo de se conformer d'ici fin août aux normes fixées fin 2015, lorsqu'il avait obtenu l'autorisation de poursuivre son activité de production d'alumine, malgré les critiques des écologistes. Dans un arrêté de mise en demeure, publié sur son site, la préfecture relève plusieurs manquements, notamment des rejets excessifs d'antimoine ou de mercure.

Menace de suspension

Selon le code de l'Environnement, Alteo risque diverses sanctions, pouvant aller jusqu'à une suspension de son activité ou une amende, s'il ne réduit pas sa pollution dans le délai imparti. "Notre installation est performante, nous ne rejetons plus de boues rouges et la concentration en métaux (dans les effluents) est en moyenne en deçà des seuils fixés", a déclaré mardi à l'AFP le directeur des opérations d'Alteo, Eric Duchenne.

Des rejets depuis 50 ans

"Sur la partie qualité du rejet, respect des seuils, on fait tout pour y arriver", et se conformer aux normes, même si cela "reste compliqué", a-t-il convenu. L'usine de Gardanne a rejeté pendant 50 ans des "boues rouges", toxiques, en plein coeur de l'actuel Parc national des calanques. Elle a aujourd'hui modifié ses procédés et ne rejette plus qu'un liquide filtré, que ses opposants continuent de dénoncer comme très polluant.

Les boues rouges de Gardanne

La mise en demeure d'Alteo (propriété du fonds d'investissement américain HIG) est une décision "heureuse", qui prouve que "l'Etat se préoccupe enfin des rejets", considère de son côté le président du Parc national, Didier Réault, par ailleurs adjoint au maire LR de Marseille. "Des efforts ont été faits, mais il y en a encore à faire et il reste de difficultés techniques", estime-t-il.

A LIRE AUSSI - Cassis : l'usine de Gardanne peut-elle encore rejeter ses déchets au large ?

Les manquements constatés lors de l'analyse des rejets d'Alteo "ne sont pas surprenants", dénonce de son côté Alain Matesi, de l'association Collect-if. "Il n'y a pas de suivi sérieux, le préfet ouvre le parapluie pour se protéger", juge ce militant, qui redoute que la pollution ne persiste. Le 9 mars, l'usine avait déjà fait parler d'elle après une fuite sur une canalisation du procédé de traitement de la bauxite, qui avait entraîné la formation d'un nuage contenant de la soude.