Exemple de problème d'un maire rural dont la commune est confrontée aux gens du voyage

.... On m'appelle pour m'aviser que des gens du voyage sont installés dans un champ de la commune. Manque de chance, le syndicat intercommunal n'a toujours pas construit l'air d'accueil obligatoire. Impossible d'obtenir légalement le recours à la force publique. Le terrain étant privé, c'est au propriétaire de demander une expulsion qui ne sera accordée qu'après de longs mois. La population s'émeut. Dix habitants défilent aussitôt dans mon bureau. Deux au moins menacent de prendre le fusil. Je tente alors une négociation avec le représentant de la communauté migrante, un pasteur autoproclamé qui m'insulte copieusement et promet de partir au bout de trois jours. Au bout de cinq, c'est fait. Le champ est ravagé. La remise en état est naturellement aux frais la commune J'ai de la chance. A Guignes, cela fait plusieurs années que mon collègue se bat, en vain, pour déloger des caravanes installées illégalement sur un terrain appartenant partiellement à l’État. Le problème des gens du voyage est un enfer pour les maires ruraux. La population est exaspérée. Dans un village voisin, des habitants ont tenté de déloger de force des caravanes. C'est le paradis de la débrouille. L'une des dernières techniques utilisées est d'épandre du lisier, le plus légalement du monde, autour des terrains illégalement occupés. Moralement contestable, mais efficace. Les habitants et les contribuables ne comprennent plus de devoir payer des airs d'accueil pour une minorité ayant fait le choix d'un mode de vie alternatif incompatible avec les exigences d'une activité économique permettant de gagner honorablement sa vie. L’État doit enfin prendre ses responsabilités.

 

Source: extrait du Figaro