Écosystèmes et pollution — Enquête
L’Europe a englouti 760 millions d’euros dans une fausse solution miracle au problème du plastique
Présenté comme la « solution ultime » à la pollution plastique par les industriels, le recyclage chimique est en réalité une impasse technologique et économique. L’UE continue pourtant de soutenir la filière et s’apprête à légaliser des pratiques trompeuses pour les consommateurs.
Yann Philippin, Ludovica Jona et Stefano Valentino (Voxeurop)
« Magnum utilise du plastique recyclé. » Dans les rayons des supermarchés, la mention s’affiche fièrement sur certains pots de la célèbre marque de crème glacée. Ces nouveaux emballages sont « entièrement recyclables et fabriqués avec du plastique recyclé », vante la multinationale de l’agroalimentaire Unilever, propriétaire de Magnum. On retrouve des allégations similaires sur les produits d’autres grandes marques : 30 % de plastique recyclé dans les sachets de pâtes de l’italien Garofalo, 39 % pour les barquettes de haricots à la sauce tomate de l’américain Heinz, et même « 100 % recyclé » pour les pots de certains bouillons Knorr, une autre filiale d’Unilever.
Tous ces plastiques vendus comme écoresponsables ont été fabriqués par Sabic, la filiale pétrochimique de Saudi Aramco, qui est à la fois le plus gros producteur de pétrole et le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Le groupe saoudien vante sa technologie « révolutionnaire » : le recyclage chimique par pyrolyse. Ce procédé permet en théorie de fabriquer, à partir de déchets plastiques jusqu’à présent impossibles à recycler, des emballages identiques au plastique vierge, issu du pétrole.
Mais il y a un hic : les pourcentages affichés par Sabic et ses clients sont artificiellement gonflés. En réalité, ces emballages peuvent contenir un maximum de 5 à 20 % de contenu recyclé.

Aux États-Unis, le procureur de Californie a engagé en septembre 2024 des poursuites pour fraude et publicité trompeuse contre le groupe ExxonMobil au sujet d’une technologie similaire. Les plastiques « circulaires » fabriqués par ce géant américain du pétrole contenaient moins de 1 % de contenu recyclé, selon l’acte d’accusation.
Crise environnementale
Alors que le recyclage chimique des plastiques est un échec technologique et économique, l’Union européenne et plusieurs États membres, dont la France, continuent pourtant de verser des centaines de millions d’euros de financements publics à la filière.
Bruxelles s’apprête même à légaliser les pratiques trompeuses des industriels de la pétrochimie, en leur permettant de vendre comme 100 % recyclés des emballages composés très majoritairement de plastique vierge. C’est ce que montre une enquête réalisée pendant plusieurs mois par Mediapart et six médias européens (lire notre boîte noire).
Le recyclage chimique est « une nouvelle campagne de marketing trompeuse » conçue par les industriels « pour encourager la consommation sans limites de plastique, au lieu de mettre en œuvre de vraies solutions à la pollution extrêmement nocive provoquée par les déchets plastiques », résume le procureur de Californie.

Contrairement à ce qu'affirme la campagne de communication éminemment trompeuse lancée le 12 janvier dernier par le lobby français des industriels du plastiques, ce matériau est responsable d’une des pires crises environnementales qui frappe la planète. Sur les quelque 500 millions de tonnes fabriquées dans le monde l’an dernier, seulement 6 % sont recyclées. Le reste est incinéré ou déversé dans l’environnement, polluant les sols, les rivières et les mers. Chaque jour, plus de 20 000 tonnes de plastique finissent dans les océans, tuant les poissons et les oiseaux qui les mangent.
Les emballages libèrent aussi des microplastiques, qui contaminent l’eau et l’air, et s’accumulent dans nos organes. On en trouve partout : dans le cerveau, le foie, le cœur, les reins, et même dans le lait maternel. Avec des conséquences encore mal connues sur la santé, mais qui inquiètent de plus en plus les scientifiques, en raison des milliers d’additifs chimiques présents dans les particules de plastique.
Les prévisions sont alarmantes, puisque la production devrait tripler d’ici à 2060, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pour les ONG qui travaillent sur le sujet, il est donc urgent de réduire la production à la source.
La production de plastique fossile explose, pas le recyclage
Production mondiale de plastique par type, en millions de tonnes par an
Pour éviter un tel scénario, les industriels ont d’abord fait la promotion du recyclage mécanique, qui consiste à broyer les déchets. Mais cela ne marche qu’avec certains types de plastiques. Résultat : seulement 42 % des déchets ménagers en plastique sont recyclés en Europe – et seulement 27 % en France. Autre défaut du recyclage mécanique : à de rares exceptions près, comme les bouteilles transparentes, il est impossible de fabriquer des emballages aptes au contact alimentaire. Une grande partie des déchets n’est donc pas recyclée à l’identique, mais transformée en cintres ou en pots de fleurs, qui finissent leur vie dans un incinérateur ou dans la nature.
Vu les limites du recyclage mécanique, les industriels ont dégainé l’arme du recyclage chimique, ou « recyclage avancé », présenté par certains pétrochimistes comme « la solution ultime à la pollution », annonciatrice d’un « monde où l’usage du plastique ne sera plus une menace ».
Des industriels qui jettent l’éponge
Sur le papier, c’est très séduisant. Ces technologies consistent à casser les molécules de plastique (les polymères) pour en extraire les molécules de base, les monomères, et refabriquer des plastiques de la même qualité que les neufs. Et cela, à l’infini. C’est la promesse, enfin, d’une véritable économie circulaire : un pot de yaourt redevient un pot de yaourt.
Au début des années 2020, les géants de la pétrochimie ont multiplié les projets industriels en Europe, soutenus par des subventions publiques massives. Selon notre enquête, la Commission européenne a accordé 760 millions d’euros de financements, avec son Fonds pour l’innovation. De nombreux gouvernements ont fait de même, alléchés par les créations d’emplois. « C’est la bataille entre les pays européens pour attirer les usines », confie un conseiller ministériel français.

Aujourd’hui, c’est la gueule de bois. Selon notre enquête, sur les 78 sites annoncés ces dernières années dans huit pays européens, seulement 18 sont opérationnels. Ces usines sont capables de traiter seulement 240 000 tonnes par an, soit seulement 1,5 % des déchets plastiques européens.
La tendance est la même en France. Sur les onze projets annoncés, neuf ont été retardés ou annulés. Sur les deux usines confirmées, une seule est sortie de terre, celle de TotalEnergies à Grandpuits, en banlieue parisienne – mais elle n’est toujours pas opérationnelle. Le gouvernement avait accordé, par un appel à projets clos en avril 2024, 300 millions d’euros de subventions aux projets de recyclage des plastiques. Mais l’argent consacré aux usines de recyclage chimique n’a toujours pas été dépensé, car les projets des lauréats ont été suspendus.
Plastics Europe, le lobby européen du secteur, tient d’ailleurs aujourd’hui un discours mesuré. « Le recyclage chimique n’est pas l’arme absolue. […] C’est un complément pour certains flux de déchets qui ne peuvent pas être traités par le recyclage mécanique », déclarait en novembre 2025 l’un de ses responsables, Alexander Röder.
Stefano Consonni, professeur et spécialiste de l’énergieAprès des décennies d’échecs, on doit se demander pourquoi on persiste dans cette voie.
Parmi les industriels qui ont jeté l’éponge ou gelé leurs projets en Europe, il y a des grands noms comme Ineos, ExxonMobil, ou encore l’américain Eastman, qui devait investir 1 milliard d’euros dans une usine géante en Normandie. Ils affirment que c’est à cause du retard et des lacunes de la réglementation européenne, et en particulier le fait que Bruxelles ne fasse rien pour limiter les importations de plastique recyclé chinois, beaucoup moins cher que celui fabriqué en Europe.
Mais il y a une autre raison à ce fiasco économique, que les industriels préfèrent passer sous silence. La technologie de recyclage chimique la plus employée aujourd’hui, la pyrolyse, est très coûteuse, parce qu’elle consomme beaucoup d’énergie. À l’exception du polystyrène (lire l’encadré), la pyrolyse est aussi très peu efficace.
Le sauvetage controversé des pots de yaourt en polystyrène
Les Français en consomment 15 milliards par an. Très difficiles à recycler mécaniquement et fabriqués avec un composé classé cancérogène probable, les pots de yaourt en polystyrène sont un cauchemar environnemental. Ils auraient d’ailleurs dû être interdits en France en 2025 par une loi votée en 2021. Mais le lobby des produits laitiers a réussi à faire reculer le gouvernement, en échange de la création d’une filière française de recyclage chimique.
L’usine, la première du genre en Europe, a en fait été inaugurée en octobre 2025 à Anvers, en Belgique, par l’industriel Indaver. Une vitrine idéale pour le secteur. Car le polystyrène est le plastique pour lequel le procédé de pyrolyse, d’ordinaire très peu efficace, marche le mieux. Selon Indaver, 65 à 70 % des pots de yaourt sont retransformés en pots de yaourt, et il est possible de fabriquer des pots composés à 100 % de matière recyclée – contre 5 à 20 % maximum avec d’autres plastiques.
Même avec cette efficacité maximale, le bilan est mitigé. D’abord parce qu’il y a 30 % de pertes à chaque cycle. Surtout, sur les 60 000 tonnes de pots de yaourt consommés en France, seulement 15 % ont été collectés en 2025. Certes, les campagnes de communication incitant les Français à déposer les pots dans le bac jaune ont commencé seulement en 2023. Mais même si on arrive à l’avenir au même taux de collecte que pour les bouteilles en plastique (58 %), plus de 40 % des pots continueront de finir incinérés ou dans la nature.
Les ONG considèrent donc qu’il aurait fallu, pour le bien de l’environnement et de notre santé, maintenir l’interdiction. Et développer les alternatives, comme les pots en plastique PET (moins nocifs et plus faciles à recycler) et surtout les pots en verre réutilisables.
Les géants de la pétrochimie le savent depuis longtemps. C’est « un procédé fondamentalement antiéconomique », déclarait dès 1994 un vice-président d’ExxonMobil, selon un document cité dans un rapport intitulé « La fraude du recyclage chimique », réalisé par l’ONG Center for Climate Integrity. « La plupart des usines de pyrolyse que j’ai vues ont échoué, et quasiment aucune ne fonctionne à grande échelle. Après des décennies d’échecs, on doit se demander pourquoi on persiste dans cette voie », soupire Stefano Consonni, professeur et spécialiste de l’énergie à l’université Polytechnique de Milan.
Cette technologie consiste à chauffer le plastique pour le transformer en huile de pyrolyse. Laquelle est ensuite utilisée dans d’autres usines, les vapocraqueurs, qui fabriquent notamment les molécules de base du plastique. Le problème, c’est qu’il y a d’énormes pertes pendant toutes les étapes de ce processus, comme l’ont montré plusieurs publications scientifiques et rapports d’ONG.
Un cabinet proche de l’industrie
Grâce à des documents inédits, nous avons pu estimer l’efficacité réelle de la technologie de pyrolyse employée par TotalEnergies. Les résultats sont catastrophiques : seulement un quart des déchets traités redeviennent du plastique. Et les emballages neufs fabriqués en bout de chaîne peuvent incorporer, au maximum, seulement 5 % de matière recyclée (lire notre enquête ici). Le taux réel serait même de 2 % seulement, selon un rapport de l’ONG Zero Waste Europe.
La raison ? L’huile de pyrolyse est de si mauvaise qualité que TotalEnergies ne peut en mettre à l’heure actuelle que 5 % dans son vapocraqueur, en la mélangeant à 95 % de naphta, un dérivé du pétrole. Il est en théorie possible de faire monter ce pourcentage à 20 %, mais on ignore si des industriels y sont parvenus.
« Ce processus est faussement qualifié de recyclage, mais il favorise en réalité la croissance de la production de plastique vierge, parce qu’il nécessite d’ajouter beaucoup de matière première issue du pétrole », analyse Helmut Maurer, ancien expert à la direction de l’environnement de la Commission européenne.
Si la pyrolyse permet d’intégrer seulement 5 à 20 % de matériau recyclé dans les nouveaux plastiques, comment certains pétrochimistes et leurs clients peuvent-ils afficher des taux très supérieurs sur les emballages ?
La plupart des fabricants de plastique, dont Sabic, ExxonMobil et TotalEnergies, font certifier leurs produits par l’ISCC, un cabinet allemand très proche de l’industrie. Coïncidence : l’ISCC utilise une version très laxiste de la mass balance, ou « équilibre de masse », une méthodologie qui mesure le contenu recyclé par un système complexe de crédits.
https://voxeurop.eu/wp-content/uploads/2026/01/Video-non-editable-anglais.mp4
© Vidéo Alexia Barakou et Ludovica JonaLa certification de l’ISCC est un « outil marketing faux et trompeur », qui crée un « royaume imaginaire » déconnecté de la réalité, cingle le procureur de Californie dans sa plainte contre ExxonMobil.
Première astuce : quand un industriel fabrique cent bouteilles, toutes recyclées à 5 %, l’ISCC lui donne le droit d’attribuer artificiellement la matière recyclée dans les produits qu’il souhaite. Il peut par exemple vendre cinq bouteilles comme « 100 % recyclées », ou dix bouteilles comme « 50 % recyclées », et les autres à 0 %.
Les pétrochimistes estiment que cette pratique est indispensable pour faire décoller le marché, car elle leur permet de vendre plus cher les emballages estampillés « recyclés » aux marques prêtes à payer pour verdir leur image. Mais pour les ONG, c’est de l’« écoblanchiment » qui abuse les consommateurs et consommatrices, en leur vendant des produits « 100 % recyclés » très majoritairement composés de plastique vierge.
Il y a pire encore. L’ISCC autorise aussi les industriels à gonfler artificiellement le volume total de contenu recyclé. Un vapocraqueur produit environ 40 % de monomères, les briques de base du plastique. Le reste est constitué de carburants (qui finiront brûlés) et d’autres molécules, qui deviendront des engrais, des résines ou des produits chimiques.
Les pétrochimistes continuent de faire pression pour obtenir une méthode de calcul le plus laxiste possible.
L’ISCC permet de compter comme recyclée l’intégralité du tonnage d’huile de pyrolyse injectée à l’entrée, y compris les 60 % qui ne sont pas transformés en plastique. Grâce à ces crédits fantômes, les industriels peuvent afficher un pourcentage de matière recyclée plus de deux fois plus élevé que la réalité.
Interrogé par Mediapart, le cabinet n’a pas souhaité justifier précisément ce choix méthodologique, mais confirme que l’intégralité de ses clients sont actuellement certifiés avec cette méthode. « Il est nécessaire de rester réaliste sur ce que l’industrie est capable d’appliquer aujourd’hui » afin de l’aider à « progresser », fait valoir l’ISCC.
Grâce à un intense lobbying, les industriels sont en passe d’obtenir que la méthode de mass balance trompeuse de l’ISCC soit légalisée par Bruxelles. Elle a été largement reprise dans un projet de décision publié par la Commission européenne en juillet 2025.
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La Commission a seulement ajouté une restriction : le plastique converti en carburant ne pourra pas être considéré comme recyclé. « Mais les autres molécules qui ne sont ni des carburants ni des polymères, comme les lubrifiants, pourront être considérées comme recyclées, alors qu’elles ne finiront jamais dans des emballages plastiques », déplore Lauriane Veillard, experte du recyclage chimique pour l’ONG Zero Waste Europe.
La décision finale de la Commission européenne, attendue cette année, ne concerne pour l’instant que les bouteilles transparentes en PET, utilisées notamment pour les boissons. Mais la méthode retenue devrait servir de modèle pour l’application d’un règlement européen plus ambitieux, qui instaure l’obligation d’incorporer de 10 % à 35 % de contenu recyclé dans les plastiques en 2030. Avec le risque que les industriels puissent utiliser des crédits fantômes pour atteindre ces objectifs.
En attendant, les pétrochimistes continuent de faire pression pour obtenir une méthode de calcul le plus laxiste possible. C’est ce que nous avons constaté lors d’une conférence sur le recyclage chimique des plastiques, organisée le 13 novembre 2025 à Bruxelles.
Lors d’une pause, Wolfgang Trunk, le haut fonctionnaire chargé du sujet à la direction de l’environnement de la Commission européenne, a été assailli par cinq lobbyistes travaillant pour le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic) et pour les pétrochimistes BASF, BlueAlp, LyondellBasell et Dow. « [On veut] des crédits mathématiques basés sur des hypothèses » pour compter le contenu recyclé, « pas un suivi des molécules », a lancé le lobbyiste de la firme allemande BASF, en proposant au fonctionnaire « une rencontre pour en discuter ».
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Lorsque nous l’avons interrogé juste après, Wolfgang Trunk n’a pas caché son agacement : « Dans leurs grandes usines, ils [les industriels – ndlr] disent qu’il utilisent […] 5 % de matière première issue de déchets plastiques, et ils veulent que ces 5 % soient presque entièrement considérés comme recyclés. C’est une grosse bagarre. […] On doit s’assurer que ce n’est pas de l’écoblanchiment. »
Malgré le fait que les règles en cours d’élaboration leur soient déjà très favorables, les industriels veulent toujours plus de « flexibilité ». À la tribune du colloque, Alexander Röder, représentant de Plastics Europe, a estimé que la méthode de calcul est encore « relativement restrictive et complexe ».
Pour les ONG et plusieurs experts, les limites du recyclage sont telles qu’il ne suffira pas à régler le problème de la pollution plastique. Ils réclament une réduction de la production et de la consommation d’emballages, par exemple en développant massivement les contenants en verre réutilisables, avec un système de consigne. Ça fonctionne depuis longtemps en Allemagne, mais la France est à la traîne. Une expérience a été lancée l’an dernier dans quatre régions du Nord-Ouest, et doit être étendue à l’ensemble du territoire en 2027. Mais il s’agit d’un programme basé sur le volontariat : les industriels qui le souhaitent restent libres d’utiliser le plastique.
Yann Philippin, Ludovica Jona et Stefano Valentino (Voxeurop)
Boîte noire
Cet article est le résultat d’une enquête collaborative européenne coordonnée par la journaliste indépendante Ludovica Jona, et menée pendant plusieurs mois par Mediapart, les journalistes Lorenzo Sangermano, Lucy Taylor et Staffan Dahllöf, et les médias Voxeurop, Altreconomia (Italie), Público (Espagne), Investigative Reporting Denmark (Danemark), Deutsche Welle (Allemagne) et le Guardian (Royaume-Uni).
Ce projet a reçu le soutien de Investigative Journalism for Europe (IJ4EU).
Interrogés, Sabic, Unilever, Garofalo et Heinz n'ont pas donné suite à nos questions.