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Info Libé

Mort d’un manifestant le 17 octobre à Paris : la famille de Christophe M. envisage de porter plainte pour «violences volontaires»

 

L’homme de 59 ans, intermittent du spectacle qui vivait à Ivry-sur-Seine, est décédé après sa prise en charge par les secours dans le Xe arrondissement de la capitale. L’avocat de la famille, qui dénonce le manque de transparence de l’enquête, assure qu’il n’avait «pas de problème de santé».

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C’est le mort du 17 octobre. Celui sur lequel les autorités communiquent au compte-goutte et à reculons. Christophe M., 59 ans, est décédé samedi à 18 h 56 à la caserne des pompiers de la rue du Château d’eau, dans le Xe arrondissement de Paris, d’un arrêt cardiorespiratoire. Trente-cinq minutes plus tôt, il avait été pris en charge par des pompiers, alertés de la présence d’un homme inconscient à 300 mètres au nord-ouest de la place de la République, à hauteur de la station de métro Jacques Bonsergent. Son déplacement vers le centre de secours aurait été décidé «compte tenu des conditions de sécurité dégradées aux alentours», selon la préfecture de police.

Son décès, sa conjointe l’apprendra vers 20 heures, lorsque qu’au cours d’un énième appel sans réponse sur le portable de son compagnon, un pompier finira par décrocher et lui apprendre la nouvelle.

Selon nos informations, sa famille envisage de porter plainte pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Si la préfecture argue qu’«aucune responsabilité d’un tiers [n’est] suspectée à ce stade», le parquet de Paris a précisé, de son côté, qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les causes de la mort. Une autopsie doit avoir lieu prochainement à cet effet.

«C’était quelqu’un d’engagé»

 

«Il n’avait pas de problème de santé, il n’avait pas de maladie particulière», assure à CheckNews son avocat, Youri Krassoulia, qui précise cependant qu’il était en arrêt de travail pour des problèmes de dos. Son conseil dénonce surtout la lenteur des enquêteurs dans cette affaire. «Quatre jours après sa mort, on a toujours aucune information, explique-t-il. Le parquet n’a jamais appelé sa conjointe, seul un enquêteur très froid et très distant l’a contactée. Sa famille ne comprend pas du tout pourquoi on ne leur dit rien.»

Résident à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, cet homme sans enfants «était venu manifester pour le pouvoir d’achat», selon son entourage. Intermittent du spectacle, «c’était quelqu’un d’engagé, qui faisait les manifs contre la loi Devaquet en 1986». Selon le témoignage d’un autre proche, Christophe M. «participait à toutes les manifestations» de ces dernières semaines. Présent sur la liste Lutte ouvrière aux municipales de 2014, il avait depuis pris ses distances avec l’organisation trotskiste.

De nombreux internautes ont initialement spéculé sur l’identité du manifestant décédé le 17 octobre, soupçonnant que la victime ne soit un jeune «street medic» dont les images ont abondamment circulé sur les réseaux. Ce dernier est toutefois toujours en vie, comme a pu l’établir CheckNews. Un second décès lié au mouvement de contestation, à Paris, a été confirmé par les autorités. Celui-ci serait survenu lundi 19 octobre, à 1 h 10 du matin, rue Berger, au cœur du quartier des Halles, dans le Ier arrondissement. La victime, âgée de 48 ans, serait morte après avoir fait «un malaise sur la voie publique», dans des circonstances qui restent à établir.