MM6 sait-il dans quoi il met les pieds ? En recrutant Cyril Hanouna pour la saison prochaine sur W9 et Fun Radio, le groupe choisit de passer outre la dérive idéologique du fidèle de Vincent Bolloré et assume une recrue controversée. Un relai de « fausses informations », de « propos discriminants » et de « théories du complot »,comme l’a écrit la société des journalistes de la chaîne. Un animateur qui ne « respecte pas le pluralisme », qui diffuse « des images susceptibles d’humilier des personnes », sanctionné trente-six fois par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) et condamné en correctionnelle pour avoir insulté un député.
Mais qu’en est-il de la violence instituée depuis des années par Cyril Hanouna ? Comment M6 va-t-il réguler celui qui, en quinze ans d’antenne, n’a cessé de menacer ou d’injurier ses concurrents ou ceux qu’il considère être ses ennemis ? Et qui ne semble pas près de s’arrêter.
Agrandir l’image : Illustration 1Plusieurs enquêtes ont raconté en détail la violence du système Hanouna, obsédé par lui-même, ses audiences et l’idéologie de Vincent Bolloré. Plusieurs personnalités – Alain Chabat, Julien Cazarre, Nikos Aliagas, Michel Cymes, Yann Barthès, Arthur… – ont été menacées ou insultées sans que Cyril Hanouna soit jamais inquiété. Confronté, l’ancien de France 4 passé sur C8 a toujours assumé et tout minimisé. Et hier comme aujourd’hui, ses anciens chroniqueurs, ses cibles ou ses détracteurs, restent terrorisés à l’idée de parler.
« Vous ne savez pas qui est Cyril Hanouna, qui sont ses amis, de quoi ils sont capables, à quel point il fait peur à tout un tas de gens », prévenait l’un d’entre eux en 2021 lorsque Le Monde enquêtait sur lui. « Je préfère vraiment rester éloigné de Cyril et de sa bande, ne me citez jamais », implore à Mediapart l’un de ses anciens chroniqueurs. « Lui ne me fait pas peur ; après, tout son groupe, toute son organisation, je sais qu’ils sont capables de coups fourrés », confessait même le rappeur Booba, interrogé par « Complément d’enquête » en 2023.
L’un de ces coups fourrés, justement, a été soigneusement étouffé. Le 2 octobre 2019, sur le plateau de « Touche pas à mon poste » (« TPMP »), Malik Bentalha, alors ami avec le présentateur, vient faire la promotion de son dernier spectacle. Tout sourire devant les caméras, l’humoriste ne sait rien de ce qui se trame en coulisses. Mais « un véritable guet-apens a été prémédité dans les locaux de la Canal Factory », lieu de tournage de l’émission, selon plusieurs témoignages recueillis par Mediapart.
Le manageur de Malik Bentalha tabassé dans la loge de « TPMP »
Plusieurs hommes ont pu passer les portiques de sécurité sans être contrôlés, traverser librement le hall des studios et monter rejoindre la loge de Malik Bentalha pour « tabasser » son manageur de l’époque, Sofiane Mejot. Parmi les personnes présentes se trouve Jean-Rachid Kallouche, un producteur de musique très proche de Cyril Hanouna. Un litige l’aurait opposé au manageur à propos de la carrière de l’humoriste.
« Ils l’ont enfermé dans la loge, seul, puis des hommes de main sont entrés », raconte un ancien membre du staff. « Ça s’est passé comme en prison, décrit un autre. Les vigiles de la Canal Factory sont tous descendus de l’étage des loges comme pour laisser dix minutes à l’équipe de Jean-Rachid faire ce qu’ils avaient à faire. »
Un proche du manageur de Malik Bentalha, agressé dans une loge de « TPMP »C’était une mise à mort. L’intention n’était pas d’intimider mais de faire mal.
Pendant ce temps, alors que l’émission est en cours et que les loges sont désertées par la sécurité de Canal+, le manageur de Malik Bentalha est frappé par de nombreuses personnes à coups de poing et de casque. Sofiane Mejot est grièvement blessé au niveau du dos et cesse de recevoir des coups lorsqu’une personne se décide à intervenir. Les agresseurs prennent alors la fuite par une porte dérobée. « C’était une mise à mort, dénonce un proche de la victime. L’intention n’était pas d’intimider mais de faire mal. »
Selon nos informations, un équipage de police est finalement appelé et une plainte est déposée. Mais consigne est donnée de tout étouffer. « À l’issue de l’émission, on avait reçu l’ordre de ne rien ébruiter », témoigne un ancien chroniqueur de l’émission. Des coups ont été « portés à main nue par plusieurs personnes » et « avec un objet », confirme le parquet de Nanterre à Mediapart.
Agrandir l’image : Illustration 2Dans la foulée, Sofiane Mejot et Malik Bentalha, qui n’ont pas souhaité répondre à Mediapart, sont régulièrement menacés par téléphone et incités à ne rien dire de plus à la police. Quelques jours plus tard, Cyril Hanouna poste plusieurs photos et vidéos sur ses réseaux sociaux pour mettre en scène son amitié et sa proximité avec Jean-Rachid Kallouche.
La direction de H2O, la société de production de « TPMP », et du groupe Canal+, qui n’ont pas répondu à Mediapart, auraient participé à cette omerta en ne déposant aucune plainte, ni pour l’agression ni pour l’intrusion. Tous parviennent ainsi à faire enterrer l’affaire. Sollicité, Jean-Rachid Kallouche dément ces accusations. « Tout est faux, je ne suis pas violent. Il n’y a jamais eu d’agression. C’est une affaire classée. Je n’ai rien d’autre à vous dire », répond-il.
En réalité, si l’affaire a été classée, c’est parce que la victime n’aurait plus jamais osé parler. « La procédure a fait l’objet d’une enquête judiciaire, puis été classée sans suite le 15 octobre 2021 suite à l’absence de réponse du plaignant aux convocations des enquêteurs », précise d’ailleurs le parquet de Nanterre. Malik Bentalha, lui, ne mettra plus jamais un pied dans l’émission et prendra officiellement ses distances avec le groupe Bolloré le 11 décembre.
Interrogé, Cyril Hanouna n’a pas souhaité répondre, exigeant de lire notre article avant publication (voir la boîte noire). Son avocat et celui de H2O, Stéphane Hasbanian, précise que l’animateur savait seulement qu’« une dispute » avait éclaté « dans les couloirs des loges ».
« M. Hanouna n’a jamais été convoqué, à ma connaissance, ni donc entendu dans cette pseudo-“affaire”. C’est dire si elle lui est lointaine et sans lien pour lui », conteste-t-il, affirmant que rien n’aurait été étouffé. « Si l’“affaire” avait présenté un quelconque intérêt médiatique, nul doute qu’elle aurait été “ébruitée” nonobstant une quelconque consigne de M. Hanouna. »
Matthieu Delormeau menacé en coulisses
« Bosser pour Cyril, c’est bosser dans un univers extrêmement violent », pointe un ancien chroniqueur. Au fur et à mesure des années, l’animateur s’est d’ailleurs transformé. « Cyril a quelque chose de l’ordre de la fascination pour la voyoucratie, décrypte une ancienne de H2O. Il se comporte comme un voyou, s’habille comme un voyou, car il fantasme dessus depuis qu’il est jeune. »
L’ancien humoriste confidentiel de la chaîne Comédie est désormais un millionnaire puissant et violent. Il menace et insulte à l’antenne mais ne fait plus un pas sans toute une armada de gardes du corps. Peu à peu, il a aussi troqué ses chemises colorées, ses cravates et son côté clownesque pour un tout autre style. Celui « d’un voyou », qu’il revendique lui-même être dans plusieurs messages consultés par Mediapart.
« Je le nique ! Il faut pas qu’il joue les chauds avec moi il fait le malin mais c’est un bouffon. G un mot à dire et demain on le retrouve dans un coffre ! Il sait pas qu’on joue pas dans la même cour maintenant. Je le baise », écrit-il par exemple en 2018 dans un SMS visant une personnalité avec qui il était en litige. « Si un tel message devait exister (ce qui est contesté), il ne pourrait être divulgué sans contrevenir aux dispositions qui imposent le secret des correspondances privées », conteste son conseil Stéphane Hasbanian.
Cyril Hanouna à Matthieu Delormeau, hors antenne, le 13 février 2023On est dans la rue tous les deux comme ça, je te mets en sang. Je te le dis.
Pas un jour ne se passe non plus sans que Cyril Hanouna, tel un gourou, insulte ou humilie l’un de ses chroniqueurs. « Il a une emprise dictatoriale sur eux qu’il n’essaie même plus de dissimuler à l’écran », confie une ancienne de la bande, quand un autre décrit l’émission comme une secte où « il est difficile d’entrer mais tout aussi difficile de sortir ».
Encore en février, le surnommé « Baba » a ainsi menacé en direct de virer sa chroniqueuse Géraldine Maillet. Son tort ? « Le faire chier » après avoir fustigé les positions antivax du gouvernement Trump. Début mars, c’est à son chroniqueur Thomas Guénolé qu’il a exigé de « la fermer » parce qu’il expliquait qu’une église était un bâtiment comme un autre pour une personne athée. « Quand j’y vais, je connais la mécanique, assume Thomas Guénolé auprès de Mediapart. Si Cyril n’est pas d’accord avec moi, il peut me rentrer dedans. »
Dépendants financièrement et totalement dociles, les chroniqueurs encaissent, mais reviennent toujours. Les rares qui claquent la porte sont contraints au silence par des clauses de confidentialité.
Le 13 février 2023, par exemple, le chroniqueur Matthieu Delormeau, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, est de nouveau pris pour cible à l’antenne lorsque l’animateur lui reproche une absence et moque les audiences de l’émission « TPMP People » qu’il présente.
Matthieu Delormeau, qui avait prévenu l’animateur que deux de ses proches étaient gravement malades, ne rigole pas à ses blagues. Cyril Hanouna est furieux. « On fait des vannes ici. Si tu n’es pas prêt à faire des vannes, tu rentres chez toi mon chéri [...] Quand je te dis calme, c’est calme. Ici il y a un chef d’orchestre. Terminé », lâche-t-il. « Ah d’accord, je ferme ma gueule ! », rétorque Matthieu Delormeau avant que Cyril Hanouna ne lance la publicité.
Les téléspectateurs et téléspectatrices ne sauront rien de ce qui s’est passé hors antenne. Là encore, ordre a été donné de tout étouffer. Selon nos informations, un dirigeant de H2O a demandé le lendemain à la production de faire supprimer tous les enregistrements captés par le micro des chroniqueurs ce jour-là. Mais une copie, qu’a pu consulter Mediapart, n’a pas été effacée.
Sur cette bande-son, l’animateur se montre violent et encore plus menaçant à l’égard de son chroniqueur qu’il sait pourtant vulnérable. « Je te le dis, on n’est pas chez ta mère, ni chez ton père. Je te dis une fois, je te le dis pas deux fois », prévient Cyril Hanouna, qui exige que Matthieu Delormeau « s’excuse » lors de la reprise de l’antenne. « T’aurais pas été mon ami, sur la tête de ma mère, on est dans la rue, je te mets en sang, poursuit-il. On est dans la rue tous les deux comme ça, je te mets en sang. Je te le dis… »
Agrandir l’image : Illustration 3Cyril Hanouna reproche au chroniqueur sa réaction à ses « vannes ». « Tu crois qu’on a vraiment besoin de ça en ce moment ? », interroge-t-il plusieurs fois. Quatre jours plus tôt, l’Arcom venait d’infliger une amende de 3,5 millions d’euros à la chaîne pour les insultes proférées par l’animateur au député LFI Louis Boyard.
Matthieu Delormeau tente alors d’expliquer qu’il est à bout, blessé par ses humiliations régulières. « Tu tires tout le temps là ou ça fait mal. [...] Ça peut me toucher ou pas ? Je suis humain ? », interroge le chroniqueur. « Arrête de dire qu’on peut rien dire. Arrête ! Arrête ! Arrête ! Je te le dis. Je te l’ai dit une fois, je te l’ai dit deux fois, je te le dirai pas trois fois, poursuit Hanouna. Là t’as fait une grosse erreur, je te le dis », enchaîne-t-il. « On a la même embrouille dans la rue, je te mets en sang. [...] T’es mon ami, mais t’es pas mon ami, je te tue... » Juste avant la reprise, Cyril Hanouna menace directement de le frapper :
« Je te jure j’ai envie de te…
— Ben-mets moi une claque, ce sera fait, réplique Matthieu Delormeau.
— Je te jure, je vais te frapper. »
Après la coupure publicitaire, le chroniqueur, en larmes, s’exécute et vient faire une accolade à Cyril Hanouna pour le rassurer : « En ce moment, et tu le sais, je te l’ai dit à toi, deux personnes de mon entourage très proche sont très malades, ça me fait de la peine. Tes vannes restent drôles, mais je suis plus sensible. »
Si cette discussion a été entièrement enregistrée, Cyril Hanouna dément avoir proféré ces menaces. « Mon client conteste évidemment les propos que vous lui rapportez et me rappelle qu’à la coupure publicité, il y a plus de cent personnes autour de lui sur le plateau », précise Me Hasbanian, qui assure que l’animateur n’a « aucun problème »avec Matthieu Delormeau.
Des journalistes menacés
En plus d’humilier ses chroniqueurs ou de leur imposer quoi dire à l’antenne, Cyril Hanouna s’est aussi fait une spécialité de cibler la presse qui lui déplaît. La mécanique est toujours la même : il nomme un journaliste, l’insulte et le lâche dans l’arène de ses fans pour le laisser se faire harceler.
C’était encore le cas début février avec Hadrien Mathoux, journaliste à Marianne à qui il a reproché d’avoir critiqué « TPMP ». « Il s’appelle Hadrien Mathoux, allez voir son compte X, vous pouvez d’ailleurs lui répondre directement, dire ce que vous pensez de lui », a-t-il lancé. Avant lui, de nombreux journalistes, notamment de Libération, du Parisien ou de « Complément d’enquête », ont été ciblés de la même manière.
Le patron du magazine « Society », Franck AnneseLorsque je décroche, je découvre qu’il s’agit de son garde du corps. Il me menace en me disant que je fais “trop le chaud” et qu’ils vont “me fumer”.
En février 2024, Patrick Menais, le réalisateur de « Vu », le zapping de France 5, est pris pour cible, accusé d’avoir réalisé un montage humiliant pour l’animateur. « Le lendemain, il revient dessus dans “TPMP” et fait une séquence d’un quart d’heure, où il balance mon visage en grand derrière son écran, raconte le réalisateur à Mediapart. Et il m’insulte, et m’invite quasiment à me battre avec lui. »
Pour Patrick Menais, c’est une preuve de haine de plus dont est capable Hanouna. En 2016 déjà, lorsqu’il officiait encore sur Canal+, le réalisateur du zapping était menacé après un montage moquant l’intéressé. « Il m’avait envoyé un message en me disant que je l’avais bien pris pour un con, qu’il n’oublierait pas et qu’il s’occuperait de moi, se souvient-il. J’ai ensuite été lourdé avec mon équipe comme une merde de Canal+. » Et de résumer : « Hanouna, c’est un triste bouffon devenu dangereux. »
L’avocat du présentateur conteste ces échanges et « relève le caractère diffamatoire de l’allégation qui, si elle avait dû exister, aurait certainement fait l’objet d’action judiciaire ».
À la même époque, le magazine Society publie la première enquête qui écorne l’image de Cyril Hanouna. Franck Annese, le patron du journal, voit ses coordonnées diffusées à l’antenne. « Là, je reçois des milliers de mails d’insultes », se souvient-il. Un soir, après son émission, Cyril Hanouna et son entourage s’en prennent directement au journaliste. « Je vois son numéro s’afficher sur mon téléphone et lorsque je décroche, je découvre qu’il s’agit de son garde du corps. Il me menace en me disant que je fais “trop le chaud” et qu’ils vont “me fumer”. »
Si la compagne du journaliste est inquiète, Franck Annese s’amuse de la situation. « Hanouna finit par prendre le téléphone et me dit : “Fais pas le chaud avec moi, tu sais pas d’où je viens.” Je rigole et réponds qu’il vient des Lilas, poursuit-il. Il m’insulte, me dit qu’il va me frapper puis raccroche. » Quelques jours plus tard, l’animateur propose de l’inviter dans l’émission, ce que le journaliste refuse.
Auprès de Mediapart, son avocat « conteste » encore et relève « le caractère diffamatoire » de ce témoignage.
Censurer des articles par l’entremise de Mimi Marchand
Depuis des années, Cyril Hanouna est aussi capable de tout pour contrôler son image et étouffer certaines informations le concernant. En 2019, par exemple, Le Parisien met en ligne un article évoquant l’arrivée de H2O dans les locaux de C8 et la crainte que cela peut susciter. La star de la chaîne envoie un SMS furieux à la rédactrice en cheffe adjointe de la rubrique culture et prévient que cela ne restera pas sans conséquences. Le lendemain de cet échange, l’article est finalement déprogrammé de l’édition papier, révèle L’Express, et la cheffe de la rubrique finit par quitter son poste.
Pour faire pression sur la presse, Hanouna compte surtout sur Mimi Marchand, surnommée la « papesse de la presse people », mise en cause dans plusieurs affaires judiciaires. La communicante est notamment renvoyée devant le tribunal pour avoir soutiré de l’argent à l’animatrice Karine Le Marchand afin de bloquer la publication de photos de sa fille sortant de garde à vue.
En juillet 2024, comme l’a révélé Mediapart, Cyril Hanouna s’active pour que sa proximité avec le patron du Rassemblement national, Jordan Bardella, ne sorte surtout pas dans la presse. Les deux hommes ont été photographiés à leur insu par un paparazzi lors d’une soirée privée organisée dans la maison de vacances que l’animateur venait d’acquérir sur les hauteurs de Saint-Tropez. Mimi Marchand est missionnée pour bloquer la publication, en échange d’informations sur l’agenda de Jordan Bardella. Les photos gênantes, consultées par Mediapart, ne sortiront jamais dans la presse.
Grâce à elle, l’animateur empêcherait aussi depuis des années la publication d’informations ou d’images qui pourraient dévoiler des éléments de sa vie privée et parvient même à faire corriger des titres ou des articles lorsqu’il les juge trop intrusifs. Mais Hanouna l’utilise aussi pour s’attaquer à d’autres personnalités, comme lorsqu’il lui demande de retirer les articles publiés par le site Purepeople sur le rappeur Cheu-B, « cet enculé » qui aurait « des plaintes au cul ».
Comme à chaque fois, Mimi Marchand promet de s’exécuter. Avec ce chanteur, elle va même plus loin et annonce à Cyril Hanouna qu’elle blackliste ce « rappeur de merde, noir et pas propre ». Que voulait-elle dire ? « Ça ne me dit rien, ce que vous me dites », balaye-t-elle auprès de Mediapart, en assurant « ne pas contrôler [l’]image [de l’animateur] ». « Mon client n’a rigoureusement rien à voir avec ces faits et aux [sic]prétendus propos qui auraient été tenus par d’autres », conteste Me Hasbanian.
Banni de C8 depuis la non-reconduction de sa fréquence par l’Arcom, Cyril Hanouna officie toujours sur « TPMP » par l’intermédiaire des box TV et d’Internet. Encore plus agressif, l’animateur insulte presque quotidiennement tel animateur ou tel journaliste qui s’écarterait de la ligne idéologique de Bolloré, qui aurait le malheur de le critiquer ou de ne pas le vénérer.
Lundi 10 mars, il a encore humilié son futur collègue Bruno Guillon, animateur sur Fun Radio, parce qu’il aurait refusé de poser avec lui sur la photo promotionnelle de rentrée. Il l’a aussi menacé en direct : « Faut pas qu’il oublie un truc, Bruno Guillon. Je suis actionnaire de la boîte [Banijay – ndlr] qui produit son jeu sur France 2 [« Chacun son tour » – ndlr]. »
Bruno Guillon aurait songé à porter plainte avant que le groupe ne publie un communiqué pour regretter les attaques de son futur poulain contre l’un des siens. Mais en septembre, que fera M6 face à de telles méthodes ? Sollicitée, la chaîne n’a pas répondu.