
1. Sortir de la dictature de l'instant
La fragmentation politique que nous vivons vient d'une erreur de perspective : nous gérons la France comme un commerce qui doit vider sa caisse chaque soir pour payer ses factures du lendemain. C'est ce que j'appelle la dictature du flux.
La refondation, la vraie, consiste à dire : le modèle social ne peut plus dépendre uniquement de ce que nous produisons aujourd'hui. Il doit s'appuyer sur ce que nous avons accumulé hier. C'est le passage au Stock."
2. Le surplus : l'assurance-vie du modèle social
"Que se passerait-il si l'État était en surplus ? Aujourd'hui, cette idée semble être une utopie de science-fiction. Pourtant, c'est la seule clé du paradoxe. En dégageant un surplus, l'État cesse d'être un débiteur qui mendie de la croissance aux marchés financiers. Il devient un investisseur.
Imaginez un Fonds Souverain Français. Une partie de notre richesse nationale n'est plus brûlée immédiatement, mais placée dans les infrastructures de demain, dans la transition énergétique, dans les entreprises innovantes.
· Dans mon schéma, ce fonds génère des dividendes.
· Ces dividendes viennent alimenter le réservoir 'Santé' sans demander d'effort supplémentaire à la production actuelle. C'est ainsi que l'on déconnecte le progrès social de la croissance polluante."
3. La taxation du capital : une question de mémoire
"Mais comment remplir ce fonds alors que nous sommes en déficit ? C'est ici que la question du Capital devient incontournable. Nous avons taxé le travail jusqu'à l'épuisement. Pendant ce temps, ceux qui ont accumulé du capital tout au long de leur vie ont bénéficié d'un système qui a protégé leur santé et leur patrimoine.
Taxer le capital accumulé n'est pas une punition, c'est un mécanisme de recyclage du succès. Si nous voulons que les 50 % les moins favorisés continuent d'être soignés, nous devons accepter que le stock de richesse accumulé par le passé vienne secourir le flux de revenus qui s'épuise. C'est l'équité entre les générations."
4. La synthèse : Le modèle "Souverain et Associatif"
"La refondation, c'est donc ce double mouvement :
1. D'un côté, on capitalise (le Stock) pour ne plus dépendre de la croissance infinie.
2. De l'autre, on valorise le bénévolat et le sport (le Hors-Économie) pour réduire naturellement le besoin de soins lourds.
C'est ainsi que l'on résout le paradoxe : on produit mieux (valeur ajoutée investie dans le stock) pour consommer moins (santé préventive et lien social)."
Déficit et dette ne sont pas une fatalité. L'exemple de la Suède le démontre . La Suède était dans une situation pire que la nôtre dans les années 1990. Elle s'est redressée au point d'être aujourd'hui en situation de stock.