
Source Grégory Derville sur linkedin
Un post pour prendre date et pour exprimer un pari sur l'avenir : à mon avis, on se souviendra de 2026 non pas comme de "l'année de la canicule", ni même comme "l'année des canicules", mais comme "l'année de la grande sécheresse", ou "l'année des calamités agricoles". Certes, ce pari risque d'être perdant concernant beaucoup de citadins qui n'ont pas d'expérience sensible avec la nature : mêmes celles et ceux qui ont vécu le traumatisme des nuits plus ou moins sans sommeil et de la fournaise matinale dans leur appartement ou maison bouilloire thermique ont de fortes chances de l'oublier en partie, une fois que ce souvenir aura été recouvert par d'autres, parce qu'il faut bien vivre et parce que la vie moderne reprend son cours "normalement" (si tant est que la vie moderne ait quoi que ce soit de "normal", ce dont je doute de plus en plus, mais c'est un autre sujet). Mais nous qui vivons à la campagne, nous qui plantons des arbres et faisons notre jardin, nous qui observons les oiseaux, les insectes, les batraciens ou les reptiles et qui nous démenons pour leur offrir des niches écologiques diversifiées, nous qui avons eu la chance de pouvoir dormir correctement pendant les canicules parce que dans nos maisons en pierre ou en terre les températures nocturnes ne sont pas autorisées de baisser par les îlots de chaleur minéraux, bétonniers et bitumeux, ce n'est pas la chaleur dont nous allons nous souvenir : ce qui nous marque au plus profond, ce qui nous envahit de tristesse, d'angoisse et de colère, c'est la désolation de ces sols durs comme du ciment alors que les vacances d'été n'ont même pas commencé, c'est le désastre de ces arbres qui déjà jaunissent, des ces oiseaux que l'on n'entend quasiment plus, de cette biodiversité anéantie, de ces jeunes plants potagers qui crévent à moins d'y passer des dizaines ou des centaines de litres d'eau par jour (quand bien même ils sont paillés abondamment). C'est l'anxiété de voir que même les agriculteurs et les agricultrices, dont c'est pourtant le métier, qui sont formé·es et outillé·es pour cela, s'alarment de ne plus être capables de produire notre nourriture, dès cette année parfois, et dans les prochaines années en tous cas. J'ai flippé en voyant la #canicule arriver, mais je l'avoue ce n'était pas pour les humains que j'étais le plus inquiet : c'était pour le vivant, qui n'est pas armé pour l'encaisser car il ne peut pas se réfugier sous un abri ou chez des voisins vivant dans un logement plus frais ou équipé de climatisation. Mais avec la #sécheresse , la gravité de la situation et de l'impact du changement climatique franchit encore un cran,et la nullité et l'irresponsabilité des dirigeants·es politiques qui ne jurent que par la climatisation apparaissent encore plus impardonnables, et même encore plus criminels. Oui, les criminels.
Source Grégory Derville sur linkedin
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