[Je vous présente l'un de mes cauchemars. Je vous explique le contexte pour que vous compreniez mieux la chose.
C'était la période de ma vie où je portait des lentilles de contact à ma vue et où j'avais de gros problèmes oculaires, je perdais la vue peu à peu et c'était très douloureux physiquement. J'était au lycée à cette époque.
Ne vous inquiétez pas, maintenant, je vais bien.]
La journée de cours était enfin terminée. Je commençais à voir flou et trouble, j'avais mal aux yeux malgré le fait que je n'avais pas mis mes lentilles ce matin.
Plus tard dans la soirée, j'avais rendez-vous chez un nouvel ophtalmologiste, il allait me faire essayer de nouvelles lentilles de contact souples.
J'y suis allée directement après avoir salué mes amis. Le cabinet est au quatrième étage du bâtiment de science du lycée. [C'est un rêve, ce n'est pas toujours logique.]
J'était sa seule patiente. Il se présenta tandis que l'on marchait de la salle d'attente vers son cabinet. Il était grand, fin, très pâle, il avait presque un air maladif. Il devait avoir vingt-cinq, trente ans. Il arborait un large sourire satisfait, un peu effrayant d'ailleurs. Il me parlait clairement et calmement mais sa manière d'être très tactile me mettait mal à l'aise.
On discuta quelques minutes de mes problèmes oculaires à son bureau, puis, on alla dans le fond de la pièce. Je m'assis sur une chaise et lui sur un petit tabouret roulant.
Il ne quittait pas son sourire tandis qu'il roulait d'un endroit à l'autre pour aller chercher différentes choses.
Dans la pièce, il faisait très sombre, la seule fenêtre était petite et les stores vénitiens ne laisse que peu passer la lumière provenant de l'extérieur.
Il s'approcha, tint mon visage fermement avec l'une de ses mains et mit une goutte dans mon œil gauche. Par reflexe je recula et me frotta l'œil. On m'avait déjà inoculé beaucoup de collyre différent depuis mes problèmes mais celui-là était très douloureux.
"C'est normal que ça te fasse un peu mal. Ne t'inquiète pas, je fais l'autre œil et après je te laisse tranquille avec ça." Me dit-il tout sourire d'un ton rassurant.
Il fit la même manipulation avec l'autre œil. Je lui signala que ça me fait vraiment très mal et que je ne pouvais plus ouvrir les yeux. Il me rassura à nouveau et ouvrit mon œil gauche de force pour y mettre une lentille. Le mouvement avait été tellement furtif que je n'avais eu le temps de réagir.
Je protesta une nouvelle fois car la douleur était d'autant plus intense.
Je refusa de mettre la seconde lentille, mais il savait être très convainquant. 'C'est un médecin après tout, il sait ce qu'il fait.' Ai-je pensé.
Il me laissa quelques secondes pour me remettre de mes émotions et s'approcha de nouveau doucement en passant sa main sur ma joue comme pour me consoler. Je me sentais de plus en plus mal à l'aise et décida d'en finir.
Je le laissa mettre la seconde lentille et me précipita vers mon sac et mon manteau pour partir.
Il se leva et courut jusqu'à moi, me précéda et ouvrit lentement la porte. Avec son sourire malaisant, il me dit au revoir et me souhaita une bonne soirée en me rappelant la date de mon prochain rendez-vous.
Je parti le plus vite possible.
Une fois chez mes parents, je leur raconta tout. Ils m'écoutaient à peine et disaient que j'exagérais.
"Je ne veux pas y retourner." Dis-je.
"Tu n'as pas le choix, avec tous les problèmes que tu as, tu ne peux pas te permettre de ne pas y aller." Répondis ma mère.
"De toute façon, je serais avec toi vendredi soir. Je t'emmène." Renchérit elle.
Il y avait beaucoup de monde dans la salle d'attente contrairement à la dernière fois. Ma mère était là, je me sentais déjà plus rassurée.
Une femme avec un bandeau sur l'œil sortis du cabinet avec un air maussade.
Le docteur m'appela, je vins, ma mère me suivait. Devant la porte, ma mère et lui se mirent à discuter, puis, il lui demanda de me laisser seule et de m'attendre dans la salle d'attente. Elle s'exécuta sous mon regard appuyé qui la suppliait de rester.
L'ophtalmologiste passa sa main dans le creux de mon dos pour m'accompagner jusqu'à l'intérieur de la pièce.
Il m'ausculta les yeux directement à la main, son visage était si proche du mien, je sentais sa respiration sur mon visage, je me sentais atrocement mal à l'aise. Il s'en rendis compte, recula et posa une main sur la mienne tandis que la deuxième me caressait les cheveux. Il me regardait intensément toujours tout sourire.
J'étais pétrifié, je ne bougeais plus.
Après ce qui me parut une éternité, il se leva et partis en direction de son bureau.
"Il faut que tu viennes tous les soirs pour que je t'inocule un collyre spécial et que je retire tes lentilles moi-même." Me dit-il.
Je lui répondis timidement que ça allait être compliqué pour moi de venir chaque soir. Son sourire disparut.
Sans me répondre, il alla chercher ma mère pour lui expliquer qu'il devait impérativement me voir tous les jours, elle ne s'y opposa pas, à mon plus grand malheur.
Les jours suivants étaient très angoissant, je savais que j'allais voir cet homme terrifiant chaque soir et j'appréhendais beaucoup.
Tous les soirs, c'était la même chose, il retirait mes lentilles et me mettait des gouttes qui me brûlait les yeux.
Chaque fois, il avait un geste déplacé à mon égard : me caresser la cuisse, la joue, les cheveux...
De jour en jour, j'avais de plus en plus mal et mes yeux devenaient rouges.
Je ne supportait plus mes lentilles, elles me faisaient souffrir, j'en informa mon tortionnaire un soir. A ce moment, son comportement changea, de calme et serein, il passa à énervé et me dit d'un ton ferme que je n'avais pas le droit de ne plus mettre mes lentilles.
Le lendemain, je lui dit que j'allais arrêter les rendez-vous car je souffrais trop. Comme la veille, il se mis en colère et me l'interdit, puis, son sourire revint. Il m'expliqua gentiment que ce qu'il faisait c'était pour mon bien.
Après ça je ne retourna plus le voir, j'ignorais ses appels et n'en parla pas à mes parents.
Il finit par les appeler. En colère, ils me forcèrent à y retourner.
Ils prirent rendez-vous chez lui un samedi. Je réussie à les convaincre de m'accompagner pour qu'ils réalisent que le comportement de ce médecin n'était pas approprié.
La semaine passa, le jour J arriva rapidement.
On partis en voiture ma mère, mon père, mon frère et moi.
Je n'avais pas vue cet homme depuis plus d'une semaine, j'avais peur de sa réaction. D'ailleurs, mes yeux allaient beaucoup mieux depuis que je n'allais plus le voir.
Il se comporta comme à son habitude, il était agréable et sympathique.
Dans la salle d'attente, mon frère; dehors, mon père au téléphone; dans le cabinet, ma mère et moi.
Ma mère lui expliqua que les gouttes qu'il m'administrait me faisait très mal. Il se montra compréhensif cette fois et lui dit qu'il allait changer le traitement. Il fit sortir ma mère, je me retrouva une nouvelle fois seule avec lui.
Il me fit gentiment la morale comme si j'était une enfant tout en m'auscultant.
Au bout d'un temps, son sourire s'agrandit et il me dit que j'était prête. Il avait l'air très content, même excité.
Il alla à son bureau, tapa quelque chose sur son ordinateur et me demanda de sortir pour aller chercher le papier qu'il avait imprimé à la photocopieuse. Je m'exécuta.
La photocopieuse était dans un angle de la salle d'attente. Je croisa le regard de mon frère en sortant, il était seul, mes parents étaient dehors, dans le couloir.
En face de l'appareil, une porte était entre ouverte. Il faisait noir à l'intérieur, une veilleuse bleu clignotait. J'était comme hypnotisé par cette lumière, je la regardais longuement et plus je l'observais, plus je distinguais ce qu'il y avait dans la pièce.
Je vis une forme humaine, comme si quelqu'un était à l'intérieur...
Intrigué, j'ouvris la porte avec appréhension. Je me sentis happé par l'endroit comme si quelque chose à l'intérieur m'attirais.
Une fois à l'intérieur, je vis un énorme congélateur ouvert où des corps étaient empilés. Ils avaient des trous béants à la place des yeux ! Je détournas la regard.
Au fond de la pièce, se trouvait des cadavres nus sans tête avec des yeux greffés sur les hanches. Tous étaient des corps de femme. Dégouté, je tourna la tête.
Puis, mon attention se porti sur un grand écran à coté de moi. Il y avait une dizaine de photo de femme avec les yeux injectés de sang, une photo de moi était présente aussi, elle était au centre de l'écran.
J'étais horrifié ! Je sortis en courant et cria à mon frère de fuir !
La porte vitré était fermé à clef. J'essaya de la forcer en vain. Mon père, à l'extérieur m'aida en voyant ma panique.
"Mais qu'est ce que tu fais ?" Dit une voix derrière moi.
Je me retourna et vis le médecin, il avait le visage déformé, les yeux exorbités, un sourire de psychopathe, ce qu'il était. Il avançait lentement vers moi, une scie à la main.
J'étais tétanisée.
J'entendis la vitre se briser derrière moi et sentis mon père m'attraper pour me sortir de là. Mon frère s'enfuit lui aussi et je partis en courant dans les escaliers accompagné de ma famille.
Les escaliers étaient interminables et on entendait les pas lents du docteur qui nous suivait.
Il semblait nous rattrapait alors qu'on courait. On l'entendait crier :
"Reviens Manon ! Je fais ça pour ton bien, tu sais."
D'un coup mon père s'arrêta :
"Je vais le retenir ! Vous, sauvez vous et appelez la police !"
Arrivé en bas, je pris mon téléphone et fit le 15. Je le mis à l'oreille et là, un bruit me fit perdre l'ouïe pendant une seconde. C'était un coup de feu, il provenait des escaliers.
Ma mère se mis à pleurer et mon frère ne bougeait plus du tout. Il n'y avait plus aucun son autour de nous, rien.
A ce moment là, je senti quelque chose couler sur mes joues. Ma vue se troubla, un liquide rouge ruisselait sur mon T-shirt...
Sans avoir le temps de réaliser ce qui m'arrivait, je vit mon œil droit tomber sur le sol.
Je laissa tomber mon téléphone à terre.
[Et je me suis réveillé ! (en pleurs)]