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Arthur

La porte vitrée laissait entrevoir l'intérieur.

De nombreux vieux bibelots, quelques sculptures, des tableaux et même des meubles étaient entreposés dans la boutique. On ne pouvait pas tous les voir de l'extérieur bien que les vitres étaient grandes.

Après quelques minutes de contemplation, il se décida à entrer.

  

On entendit le cliquetis de la porte d'abords, puis, le tintement de la petite cloche dorée qui était heurté par le bois de la porte.

L'homme aux cheveux noir comme la nuit s'avança et commença à observer l'endroit.

Il avait les cheveux très courts, les traits tirés par le temps et des yeux bruns foncés. Il portait un vieux costume noir, il avait de l'allure et sa démarche prouvait qu'il avait confiance en lui.

Il scrutait les lieux et les objets avec ses yeux fatigués, quand son regard s'arrêta sur un objet. C'était un kandjar, un vieux poignard indien. Il s'approcha de l'objet et posa ses mains dessus.

  

- Non, vous ne pouvez pas le toucher ! S'exclama une femme.

L'homme se retourna et vis une vieille dame se précipiter vers lui.

- C'est un objet très ancien et précieux. Reprit-elle.

- Comme tous ce qu'il y a ici. Répondis l'homme calmement.

- Oui mais celui-ci est très fragile. Dit-elle un peu agacé.

- Je vous l'achète.

- Mais vous ne connaissez même pas le prix...

- Votre prix sera le mien. Dit l'homme en examinant le couteau.

  

La vieille femme était rousse, pas un roux naturel, un roux flamboyant qui cachait ses cheveux blancs. Elle avait de petits yeux ronds et son visage était parsemé de ride.

Cette femme était assez connue dans le coin, autrefois, elle était archéologue. Elle voyageait dans le monde entier à la recherche d'objet ancestraux.

Une fois trop âgées pour ses dangereux voyages, elle se mis à vendre ses trésors. C'était une femme cupide, elle avait énormément de mal à se séparer de ses possessions mais n'avait pas le choix, elle avait besoin d'argent pour vivre. 

Sa boutique était réputée pour la qualité de ses produits mais, aussi, pour ses prix exorbitants.

  

L'antiquaire, prénommé Alma, repartie en direction du comptoir accompagné du client. Elle marchait lentement avec sa belle cane à la main. Elle boitait, surement le résultat de l'une de ses nombreuses aventures.

Elle vendit le kandjar à l'homme qui repartis sans ajouter mot.

- Quel étrange personnage ! Se dit-elle.

Cet étrange personnage s'appelait Arthur, il rentra chez lui dans sa voiture de collection, une Porsche 356.

Il habitait dans un penthouse avec piscine. Une fois à l'intérieur, il posa sa nouvelle possession sur une étagère à côté de quelques livres poussiéreux.

  

Tout le mur droit de son grand salon était parsemé de magnifiques livres anciens et bibelots.

Son grand canapé blanc faisait face à une petite table basse nacrée, dessus se trouvait une vieille sculpture malmenée par le temps. Il y avait d'autres statues dans la pièce, elles étaient toutes abimées et brunies. La décoration de cette pièce était plutôt atypique, entre le mobilier tout neuf et très moderne et les objets anciens, on avait du mal à s'y retrouver.

Cet homme était assurément un collectionneur aux vues de toutes les cochonneries qu'il y avait chez lui. Le salon n'était pas le seul endroit empli d'objets étranges, tout l'appartement y avait droit.

A l 'instar de l'archéologue à la retraite à qui il avait acheté sa toute dernière acquisition, il aimait posséder, mais pas n'importe quoi : les objets anciens.

L'antiquaire et lui auraient surement fait de bons amis, quoique. Lui n'étant pas très expressif, ni loquace, et elle, tel un moulin à parole, ils n'auraient pas fait si bon ménage finalement.

  

Il se posa sur le canapé, un bouquin dans une main, une tasse de thé dans l'autre et commença à lire.

Le couteau qu'il venait d'acquérir était posé là. Il y avait mis le prix fort et pourtant, il l'avait simplement posé sans y prêter plus attention. Mais le couteau, lui, n'était pas de cet avis.

Une petite pierre rouge était incrustée dans le manche, celle-ci se mis à briller comme si elle y enfermait en petite étoile.

Arthur n'y prêta pas attention, il avait les yeux rivés sur son livre.

La pierre s'illumina de plus en plus, si bien qu'Arthur le remarqua.

Il se leva l'air intrigué. Il observa la pierre et pris le couteau dans ses mains aux longs doigts fins avec ses magnifiques ongles manucurés. Il n'avait pas l'air inquiet et pourtant, il avait de quoi l'être. Il était plutôt curieux.

La pierre cessa de briller, il reposa la dague et repris sa lecture.

  

Quelques minutes plus tard, il fronça les sourcils. Il avait du mal à lire, sa vision devenait trouble. Il ferma les yeux et se massa les tempes. Des maux de têtes arrivèrent, puis des nausées.

Il alla chercher des cachets et les avala, il allait déjà mieux.

Il se remis à lire sauf que, cette fois, les lettres se mélangeaient. Elles bougeaient toutes seules, elles allaient à droites, puis à gauche, certaines sortaient même de la page pour aller visiter les pages suivantes.

Les yeux d'Arthur s'écarquillèrent et, pris de panique, il ferma violement le livre.

Celui-ci devin noir, il était rouge à l'origine. Le titre et les ornements avaient disparu.

Arthur était de plus en plus inquiet, d'autant plus que les lettres se mirent à sortir complètement du livre pour grimper sur lui. Elles longèrent ses bras en passant par le bout de ses doigts, ses longues phalanges, ses poignets fins, ses avant-bras, ses coude pointus... Elles ne s'arrêtaient pas, elles étaient, désormais, sur tout son corps.

  

Il se grattait énergiquement les bras afin de les faire partir, sans succès.

Il alla à la salle de bain pour voir l'ampleur des dégâts. Comme il l'imaginait, il était couvert d'écritures.

Elles ne bougeaient plus. Il continua à se regarder dans le miroir, quand il vit une tout autre personne à sa place. Dans un flash, il vit un jeune homme aux cheveux noirs ébouriffés, les yeux sombres, les sourcils froncés, un large sourire sur les lèvres, le teint très pâle, presque blanc et une petite pierre rouge au bout d'une longue chaîne argentée.

La vision ne dura qu'une seconde mais cela suffit pour que son pouls s'accélère et que son cœur s'emballe.

Il tomba dans les pommes.