Edit link:
Short link:

Pensées du Docteur Gillard

Extraits de son livre Réveillons la France: pour une autre écologie

98bdce41c785bbc948b6ee4119d9e209.jpg

Introduction


Automne, fin d'année, fin de siècle, moment privilégié d'examen des bilans, moment des jugements sur les actions fuies, sur les "plans" achevés ou échoués. On craint la sanction. Pourtant, n'est-il pas nécessaire à un point de l'existence d'un individu ou d'un peuple de faire cet examen critique porteur de promesses? appréhension normale sur les conséquences engendrées par cet examen mais refus coupable de ceux qui n'osent le faire en toute clarté.


Extraordinaire le bilan de ce siècle qui a vu le milliard d'humains les mieux nantis passer de la marche à pieds aux vols intercontinentaux, maîtriser de très graves maladies, réaliser des capacités de communication inimaginables pour nos grands-parents tributaires de la malle poste et voyant aujourd'hui pianoter leur petits-enfants sur le réseau internet. Moins incroyable mais aussi remarquable les progrès domestiques malheureusement réservés à la portion occidentale de l'humanité! Fabuleuse enfin la progression de la connaissance scientifique qui aboutit pour l'instant aux incertitudes de l'infini complexité de l'univers du monde biologique et de l'ensemble des données physiques qui régissent la vie de la planète

Mais dans les postes négatifs du bilan de cette fin de siècle, sans vouloir tomber dans un catastrophisme trop facile, on peut objectivement noter de très inquiétants progrès en matière de destruction de l'homme et de son environnement. On y trouve en tête: l'arme atomique (Hiroshima, Tchernobyl, Semipalatinsk), les armes chimiques et les autres moyens plus conventionnels, mais néanmoins meurtriers.


Un autre phénomène négatif est la surconcentration urbaine, effet de la désertification rurale, l'accroisscmeni exponentiel des pollutions de tous ordres, non traitées: Otn considère la mer comme une décharge anonyme. Dans certaines villes dûment authentifiées, la pollution atmosphérique entraîne déjà des morts supplémentaires. Enfin la croissance du savoir est loin d'avoir été accompagnée d'une croissance des valeurs morales nécessaires à sa maîtrise à une époque où les moyens de pouvoirs et de puissance ne cessent de se multiplier.


Il n'est pas question pour nous de vouloir prétendre tout savoir, tout prévoir et tout décider aujourd'hui mais simplement de trouver une cohérence entre les aspects positif et négatifs d'un bilan riche qui laisse la porte ouverte à des perspectives soit radieuses, si nous opérons les bons choix et les bonnes analyses, soit chaotiques, si fermant les yeux aux évidences, nous refusons de tirer les conséquences des erreurs constatées et des mises au point et mises en causes nécessaires à tout progrès individuel ou collectif.


Qu'il me soit permis ici de remercier tous ceux proches ou lointains qui par leurs écrits, leurs discours ou leurs réflexions m'ont aidé à cette prise de conscience porteuse pour moi d'espérance et d'initiatives. Devant le constat des éléments négatifs d'un bilan, deux attitudes sont possibles: on refuse de les admettre, on les conteste, on les ignore, le plus souvent en faisant porter la responsabilité sur les autres . De manière plus positive, il vaut mieux les accepter après une bonne analyse de la situation et trouver les moyens de changer de stratégie, de procédures, de méthodes et même s'il le faut, d'objectifs. C'est comme cela que l'on fait avancer une entreprise, une famille ou une nation. Bien sûr, notre livre ne s'adresse qu'à ceux qui veulent courageusement et clairement adopter la deuxlante stratégie.


Si avec 1 milliard de pollueurs en tout genre, dotés de tout le standing occidental, on arrive à la limite de tolérance en matière de pollution terrestre et que vous pensiez qu'on puisse encore développer ce même type de consumérisme pour les 5 Milliards de terriens qui n'en sont pas encore dotés, alors ce livre ne vous concerne pas.

  • Si vous jugez qu'après les catastrophes de Tchernobyl, de Seveso, de l'Amoco Cadiz et toutes les nombreuses autres, moins spectaculaires mais tout aussi polluantes, on ne doit pas mettre au point un arsenal législatif national  etinternational pour mettre fin à de tels agissements, alors ce livre n'est d'aucun intérêt pour vous.
  • Si vous croyez sincèrement que de simples quantifications de la pollution atmosphérique, un arsenal d'amendes ou de contraintes, ou la simple mise en place de pistes cyclables ou d'espaces verts en milieu urbain suffiront à éviter la morbidité et lu mortalité prouvées des personnes les plus vulnérables, alors ne cherchez pas avec nous dans ce livre les causes fondamentales de ce fléau et les solutions à mettre en place à moyen terme.
  • Si vous acceptez de croire comme on vous le dit que les pollutions par l'amiante, les pesticides et autres salmonelloses ou par la contamination des eaux de boissons et de l'air sont le tribut à payer à notre type de civilisation et qu'il n'y a pas grand chose à faire, alors ne vous fatiguez pas à poursuivre cette lecture.

Liminaire


Le lecteur que vous êtes est tout à fait en droit de se demander pourquoi un père de famille, un élu, un président d'association, un médecin se lance dans l'écriture d'un ouvrage qui, satisfaisant les uns choquera les autres . Il ne laissera en tout cas pas indifférent tout ceux qui comprennent qu'au travers des crises économiques, sociales, écologiques, morales et culturelles que nous traversons, d'autres solutions que celles proposées jusqu'alors sont urgentes et nécessaires pour sortir de ces impasses.


Si j'ai sauté ce pas, c'est que ma conscience de médecin m'a ouvert les yeux sur le nombre et de la gravité des atteintes à la santé et à la vie engendrées par le mode même de fonctionnement de notre société. Il y a d'abord les atteintes avouées et patentes, les morts et les malades de Seveso à cause de la dioxine, ceux de l'amiante, découverte 30 ans après et cette année les 300 morts annuels par pollution de l'air à Paras. On connaissait les deux millions de malades et de morts de Tchernobyl ,mais on découvre Semipalatinsk, une base nucléaire dans l'Oural avec ses 5000 morts annoncés dans"le Point" d'octobre 1997.


Puis, il y a ceux qu'on avoue et qu'on ne comptabilise pas ; les morts et malades des nitrates, des pesticides, des herbicides encore présents dans tous nos laitages malgré leur interdiction comme l'a annoncé un récent "Science & Avenir". Enfin, il y a ceux sur lesquels pèsent de lourdes présomptions, malades des 20 000 produits chimiques en tout genre, imposés à coup de doses dites "admissibles"sans savoir pourquoi, ni comment ni surtout pour qui ?  (voir le "Guide des Maladies professionnelles publié par l'Institut National de Recherche et de Sécurité .Édition Pasco) . Dans ce lot, il y en a même qui trouvent tout cela normal comme un tribut à payer au progrès. Ces alors que les "plombs" de la réserve médicale sautent. Le médecin que je suis, pour ne pas trahir le serment d'Hippocrate se doit d'avertir, pour ne pas en être complice, des dangers qui guettent chacun de nous.


La deuxième des raisons est l'ignorance, l'indifférence et le mépris des responsables politiques, de droite comme de gauche face à ces atteintes directes de chacun de nous. Qu'on meure, qu'on soit malade, que le trou de la sécurité sociale se creuse, peu leur importe, pourvu que les responsables de ces délits contre l'humanité, industriels de la chimie, du nucléaire, de l'agroalimentaire ou de l'automobile, continuent à approvisionner les comptes de leur parti politique. Au besoin pour mieux cacher les choses, on assassine. L'élu démocrate que je suis, pense que si la collectivité est responsable de chacun de nous, chaque individu est responsable aussi de la collectivité a laquelle il appartient. Je ne peux donc rester muet devant ces infamies que je me dois de dénoncer, au moins pour ne pas en être complice.


La troisième raison est le droit, et même le devoir, pour chaque contribuable et pour chaque citoyen, de rétablir la vérité dans son intégrité. Aujourd'hui, on a mis au point les subtilités les plus perverses pour manipuler la vérité:

  • d'abord, on la tronque littéralement. En effet, on ne parle jamais ,dans les publicités pour tel ou tel produit de ses inconvénients et des risques. Il a fallu une loi pour l'imposer  la publicité sur le tabac et l'alcool. Mais qu'en est-il de tous les autres produits de consommation'? Ne pas dire toute la vérité, c'est tromper. Il faut d'urgence une loi sur la publicité, avec droit "de mise au point" aux même endroits, pour les associations de consommateurs.
  • puis, les analystes appointés sont passés maîtres dans l'art de déformer la vérité qui gêne ,en particulier par l'interprétation biaisée des statistiques qui donnent lieu à des empoignades médiatiques qui n'ont d'autres objets que de préserver l'intérêt économique des partenaires;
  • enfin, si quelqu'un devient trop gênant, les journalistes ou les administrations lui opposent le fameux secret défense, ou bien les dossiers disparaissent et c'est " l'omerta ", la loi du silence â la sicilienne, à tous les niveaux.

C'est le devoir de chacun de nous, citoyen et contribuables de porter à la connaissance de tous,  les délits privés ou publics qui peuvent entraîner des atteintes à la santé et à la vie. Car ce que nous pouvons faire pour les autres, un jour les autres peuvent le faire pour nous. Enfin, je ne peux passer sous silence ce que je constate autour de moi, en tant qu'élu depuis 10 ans: l'indolence, l'incurie, l'insouciance pour ne pas dire l'incroyable ignorance des élus sur les importants dossiers qu'ils manipulent est ahurissante. Ils ne connaissent rien ou presque rien des règles d'urbanismes, des lois sur les flux dans la communication et les transports, des dossiers complexes du traitements des déchets, de la pollution et tout particulièrement, des problèmes écologiques; effet de serre, trou d'ozone, perturbation des écosystèmes, destruction de la faune et de la flore. De toute manière, ils s'en remettent toujours à des techniciens qui décident à leur place mais qui, n'ayant pas été élus, sont irrévocables. Il faut savoir que ces fonctionnaires de l'équipement ou de l'agriculture, touchent des pourcentages sur les travaux qu'ils proposent. On comprend alors mieux que c'est toujours la solution la plus chère qui sera préconisée et suivie à 99% par nos élus incompétents. C'est la principale des causes de l'effroyable gaspillage des deniers publics en France.


D'où, par exemple, dans les Alpes-Maritimes, le choix d'un projet d'autoroute qui avoisinerait les 30 milliards de francs et finirait dedéfigurer le Moyen-Pays, face à des propositions écologiques à moins de 4 milliards de mise en tranchées souterraines couvertes de l'ensemble de la RN 98 d'Antibes à Nice qui résoudrait les problèmes où ils se trouvent en réhabilitant les espaces naturels du bord de mer.


Un autre exemple de choix relevant de l'incompétence des élus est celui du projet d'usine d'incinération à 400 millions de francs avec un coût de traitement dépassant 1000 francs la tonne, avec en prime les pollutions,  contre un projet écologique comme la méthanisation à moins de 400 francs la tonne d'ordure traitée dans une usine revenant à moins de 800 000 francs. Ce qui me fait dire que ce ne sont pas les meilleurs projets qui sont retenus mais les plus chers et pour des raisons évidentes et officielles de pourcentages sur les travaux. De toute manière, c'est bien connu l'Administration a toujours raison, et l'on ne trouve jamais les vrais responsables, perdus dans l'anonymat administratif et la loi du silence.


Enfin, pour dernière raison, il est important pour l'écologiste que je suis de montrer que tous les problèmes sont complexes. Ils s'imbriquent et s'interconnectent par l'enchaînement des causes et des effets qui entraînent des décisions à facteurs multiples.


Un des exemples qui me vient à l'esprit concerne la santé. La pollution induite par l'agriculture entraîne la maladie par consommation d'aliments pollués par des produits chimiques et pesticides. Cette maladie , remboursée par la sécurité sociale est entretenue parce qu'on n'en traite pas les causes. Le tout entraîne un déficit colossal de la sécurité sociale ( budget dépassant celui de l'Etat, soit 16 000 milliards de francs). Ce déficit entraîne une augmentation des impôts, des taxes et charges en tout genre pour les exploitants agricoles en particulier qui vont rechercher une meilleure rentabilité par un emploi accru de pesticides et autres polluants entraînant eux-mêmes d'autres maladies.
Ainsi la boucle est bouclée. C'est le cercle vicieux auquel il faut substituer un cercle vertueux. La bonne nouvelle que je vous annonce est que cette autre façon d'envisager les choses existe et que les écologistes en tracent les principaux éléments depuis de nombreuses années .Aujourd'hui, je vais vous en faire la synthèse non exhaustive en partant de réflexions élaborées sur le terrain régional, mais tout a fait extrapolable au plan national.

Suite... Une analyse des constats et  des causes



Created: 19 days ago
Visits: 30
Online: 1