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courrierinternational.com par Guillaume Delacroix

 

Réchauffement climatique. La fonte annoncée des glaciers de l’Himalaya terrifie l’Asie

 

 

Un rapport élaboré par trois cent cinquante experts prédit la fonte d’un tiers à deux tiers des glaciers de l’Himalaya au cours du siècle qui vient, avec des conséquences apocalyptiques pour les centaines de millions d’habitants de cette région de la planète.

“Terrifiant.” Voilà comment le Nepali Times a qualifié le rapport publié lundi 4 février à Katmandou par l’International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD). “Pendant que les médias du monde entier ont le regard fixé sur le Groenland, l’Arctique et l’Antarctique, l’Himalaya se prépare à la fonte catastrophique de ses glaciers si rien n’est fait pour réduire immédiatement les émissions de carbone de la planète”, s’alarme le journal. “Même dans le meilleur des scénarios”, les montagnes du toit du monde vont perdre “plus du tiers de leurs glaces d’ici à la fin du siècle”.

Si la hausse moyenne des températures dépasse de 1,5 degré les niveaux antérieurs à l’ère industrielle, ce sera bien pire. Au rythme actuel, estime le rapport, “les températures devraient augmenter de 4,2 à 6,5 degrés d’ici à 2100, ce qui fera fondre les deux tiers des glaciers de l’Himalaya”, avec “des conséquences dévastatrices” pour les 1 600 millions de personnes vivant dans cette chaîne montagneuse et à ses pieds. Le Nepali Times s’interroge :

On connaît le problème et on connaît ses solutions, que faut-il maintenant faire ?”

C’est la première fois qu’une étude “aussi détaillée et à aussi grande échelle” est menée, souligne le Kathmandu Post, et l’on sait désormais que l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, sera insuffisant. “Trois cent cinquante chercheurs et experts ont travaillé durant cinq ans” pour arriver à un diagnostic qui montre que le gouvernement du Népal va devoir s’attaquer au problème “par tous les moyens”, l’Himalaya abritant un quart des glaciers de la Terre.

“Plus de temps à perdre”

Le quotidien Republica observe que les premiers pays touchés par le désastre “sans précédent” annoncé seront l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine, l’Inde, la Birmanie, le Népal et le Pakistan, avec “un impact sérieux” sur la ressource en eau et sur des fleuves comme l’Indus, le Gange, le Yangzi Jiang, le Mékong ou l’Irrawaddy. Il prévient :

Il n’y a plus de temps à perdre ; il est urgent que le Népal prenne l’initiative pour sauver nos glaciers, qui fondent à vive allure.”

En Inde, c’est l’affolement autour de l’avenir du Gange, principal fleuve sacré des hindous et condition d’existence pour une très grande part de la population. Des six cents pages du rapport, l’Hindustan Times retient ainsi que “le débit du Gange va s’accroître jusqu’en 2050 et ensuite chuter brusquement, comme celui du Brahmapoutre”.

Résultat, quelque 250 millions de personnes n’auront plus d’eau pour boire, pour irriguer les champs et pour produire de l’électricité. “Il faut stopper la déforestation”, supplie le journal, qui rappelle que les forêts de conifères “ont disparu du sud-est du plateau tibétain” par appât du gain.

 



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