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La mort de Soleimani vue du Golfe : bon débarras

 

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Le général Qassem Soleimani, adulé en Iran et homme fort du régime de Téhéran, a été tué vendredi 3 janvier à Bagdad dans un bombardement américain. Un assassinat ciblé salué par les intellectuels du Golfe sur les réseaux sociaux en l’absence de presse le vendredi dans le monde arabe.

Qassem Soleimani était la bête noire des pétromonarchies du Golfe et plus généralement des sunnites arabes. Parmi les éditorialistes et intellectuels du Golfe, on se réjouit de sa mort.

“L’Irak, la région et le monde vont mieux sans ce terroriste, le plus dangereux du monde. Il était la tête de l’hydre [iranienne]. Qu’il ait péri – lui et ceux qui l’accompagnaient – en ce troisième jour de l’année est une bénédiction”, commente sur son compte Twitter l’Émirati Abdulkhaleq Abdullah, professeur de sciences politiques et commentateur attitré de l’actualité internationale vue d’Abou Dhabi.

Hassan Hassan, autre Émirati mais vivant aux États-Unis, commente pour sa part : “Si tout ce que vous avez à dire consiste à critiquer les Américains pour avoir commis un acte ‘irresponsable’, alors que Soleimani a tant de sang sur les mains et a tellement soufflé sur les braises du sectarisme dans la région, c’est que vous êtes en faillite morale.”

“Souleimani est un héros pour les Iraniens, mais c’est un criminel de guerre pour les Irakiens, les Syriens et les Yéménites”, écrit sur son compte Twitter Khaled Al-Dakhil, professeur de sciences politiques à Riyad.

Il était autant terroriste qu’Al-Baghdadi [le ‘calife’ autoproclamé de Daech]. Il nourrissait la guerre civile en Irak et avait planifié la mort de centaines de milliers de Syriens et l’exode de millions d’autres pour le compte de Bachar El-Assad.”

“Depuis des années, Souleimani sévit en Syrie, en Irak et au Yémen”, abonde pour sa part Ali Al-Sanad, jeune intellectuel Koweïtien. Mais il nuance : Les Américains auraient facilement pu l’éliminer plus tôt. S’ils l’ont fait aujourd’hui, ce n’est pas en raison de ses crimes commis contre [les peuples] de la région, mais uniquement en raison de son rôle dans l’attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad.”