Des canicules plus intenses et fréquentes à cause du dérèglement climatique

Une équipe de chercheurs européens a mis en évidence un lien entre la vague de chaleur de la semaine dernière et le réchauffement climatique causé par les activités humaines.

 
  • Le Progrès Source: Le 04/07/2019 Luc CHAILLOT
Photo d'illustration Le Progrès/Maxime JEGATPhoto d'illustration Le Progrès/Maxime JEGAT
La canicule de la semaine dernière n’est pas un événement isolé. Cet épisode de forte chaleur est directement lié au réchauffement climatique. C’est ce que montre le travail de climatologues européens, qui ont analysé la vague de chaleur en France et en Europe, en la comparant aux modèles d’évolution du climat.

"L’étude montre que l’augmentation de la probabilité ou de l’intensité de telles canicules est en grande partie attribuable aux changements climatiques d’origine humaine", explique le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

 


CEA_Officiel@CEA_Officiel
Des climatologues ont analysé la vague de chaleur survenue en la semaine dernière. Leurs résultats mettent en évidence le lien entre la contribution anthropique au #rechauffementclimatique et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de #canicule Lien.

Pourquoi c'est important. Le record absolu de température en France a été battu de plus de 1,5°C avec un thermomètre affichant 45,9°C, le 28 juin à Gallargues-le-Montueux, près de Nîmes (Gard).

La vague de chaleur de fin juin est due à la conjonction de deux phénomènes exceptionnels à cette période de l’année : des températures record, aggravées par une circulation d’air chaud en provenance du Sahara.

Températures extrêmes supérieures de 4°C 

L’étude des chercheurs du CEA, associés à des scientifiques du CNRS, de Météo France, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et à d'autres experts européens, montre que les températures extrêmes en cas d'événement caniculaire sont amplifiées à cause du dérèglement climatique lié aux activités humaines.

On observe désormais des températures supérieures de 4°C au niveau qu’elles pouvaient atteindre autrefois, il y a 60 ou 100 ans.

Selon les chercheurs, le réchauffement de la planète causé par l’homme a rendu la canicule exceptionnelle de la semaine dernière "au moins cinq fois plus probable" que si le climat n’avait pas été altéré par les activités humaines.

Des vagues de chaleur mortelles

Les scientifiques rappellent que les vagues de chaleur sont mortelles, mais que les conséquences de la canicule risquent de ne se voir que plus tard. Ils ajoutent que le risque sanitaire est aggravé par le changement climatique, mais aussi par le vieillissement de la population, l’urbanisation, la fragilisation des structures sociales et la faiblesse des politiques de prévention.

Le week-end dernier, la Direction générale de la Santé n’avait pas noté "d’afflux massif vers les services d’urgence, ni de signal d’excès de mortalité", tout en indiquant qu’il faudra attendre pour un bilan définitif de la surmortalité liée à l’épisode de canicule de fin juin.