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C'est sur la commune de Trigance que l'office national des forets (ONF) mène actuellement une campagne de prélèvement et d'exploitation de pins sylvestres qui dépérissent. - ll s'agit en ce moment d'identifier les zones oit l'on pourra enrichir et diversifier les espèces sur place, en collaboration avec la commune de Trigance explique Julien, adjoint au directeur de l'agence territoriale Var - Alpes-Maritimes de l'ONF. L'occasion de dresser un bilan de la foret publique (domaniale et communale) du département du Var face aux menaces du réchauffement climatique

VM: Face au réchauffement climatique, de nouvelles menaces pèsent-elles sur la forêt varoise?


Le réchauffement climatique a un impact sur les foréts françaises et donc particulièrement dans nos régions, véritables têtes de pont des effets observés.


VM: Depuis quand vos services ont-ils remarqué ces changements ?


Nous les observons depuis l'importante sécheresse de 2003. Puis, au cours des années qui ont suivi.
Ce réchauffement a conduit la forêt à se placer en condition de stress hydrique.


VM: Qu'est-ce que le stress hydrique ?


C'est une conséquence de la sécheresse : par manque d'eau, les arbres commencent à perdre leurs feuilles, comme à l'automne. C'est un réflexe naturel des arbres qui se placent ainsi en stress hydrique, afin de réduire leur consommation d'eau.


VM: Avec des conséquences visibles par l'homme ?

 

Absolument ! On peut facilement observer l'affaiblissement, progressif des arbres, leur défoliation voire leur dépérissement.


VM: Tous les secteurs de la foret varoise sont-ils concernés? Et toutes les espèces?


Tout ceci a commencé en altitude, dans le haut-Var, autour tout d'abord du mont Lachens. Et il s'agissait avant tout des sapins pectinés et des pins sylvestres. Et, depuis la sécheresse de 2017, on observe le même phénomène à beaucoup plus basse altitude. Et de plus nombreuses essences sont maintenant concernées : le pin laricio, le pin maritime et le chêne pubescent.


VM: Dans ce cadre, quelle est la mission de l'ONF pour les forêts publiques, domaniales et communales ?


Nous devons gérer la foret sur le long terme. Pour travailler sur ce long terme, nous allons compter le plus possible sur la résilience naturelle, la capacité de la foret à réagir. Elle démontre une incroyable capacité à réagir. Alors, nous nous devons de rester humbles et de ne pas nous précipiter.


VM: Concrètement ?


Nous travaillons au quotidien à maintenir la multifonctionnalité de notre foret.


VM: Qu'est-ce que cela signifie ?


La forêt rend beaucoup de services ! Elle produit bien entendu du bois, qui fournit notamment de l'énergie
et des matériaux durables pour la construction. Mais la forêt stocke aussi le carbone et lutte contre le réchauffement climatique ; elle a une valeur environnementale élevée et se met au service du public dans le cadre de ses loisirs et de son cadre de vie. Enfin, elle participe à la lutte contre les risques naturels comme les incendies et elle est très utile en ce qui concerne les ressources en eau. Il nous revient donc de trouver une solution pour qu'elle puisse, le plus longtemps possible, remplir toutes ces missions comme elle le fait aujourd'hui.


VM: Comment procédez-vous pour l'aider ?


Le défi majeur, c'est d'adopter une attitude humble, je le disais. Nous nous devons de chercher des solutions progressives et réversibles en s'appuyant sur les travaux de recherches. Comme elle a besoin d'être gérée pour mieux s'adapter aux effets du changement climatique, nous travaillons sur la sylviculture sur les situations les plus caractérisées et à petite échelle.


Et en quoi ça consiste?

Nous diversifions et enrichissons les forets actuelles en essences et provenances d'essences. La responsabilité qui nous incombe est de préparer les forets de demain et de répondre à ce besoin de gestion des forets.
PROPOS RECUEILLIS PAR D. Z.



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