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À Saintines, on n’a pas de boulangerie mais on a des idées

 

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Dans l’Oise, un maire candidat à sa réélection fait tout pour recréer du lien social, relate ce titre britannique. Après avoir transformé sa mairie en hôtel de ville-boulangerie-bureau de poste, il souhaite la réouverture d’un café.

Nous sommes au milieu de la matinée mais les volets bleu pâle de ce qui était jadis un café animé sont fermés et rouillés. Près de l’église, l’épicerie est elle aussi fermée, la peinture s’écaille dans l’air froid et humide. Même la boulangerie*, qui vendait autrefois leur baguette quotidienne à quelque 1 100 personnes, n’est plus.

Nichée entre forêt et champs de céréales, Saintines, dans le nord de la France, illustre nombre des difficultés liées au déclin des zones rurales mais également l’effort très français de lutter contre ce dernier.

L’hôtel de ville se trouve à l’écart de la grand-route, après l’ancien bureau de poste. À l’intérieur, des baguettes fraîches sont alignées dans un rayonnage de bois, derrière un comptoir qui fait également office de bureau de poste. Ici, on peut acheter du pain, expédier un colis, et même déclarer la naissance d’un bébé. Le maire, Jean-Pierre Desmoulins, 73 ans, sans étiquette, a fait de la vente de pain un service public et de cette petite mairie une association amicale. “Ça crée un point de rencontre, un point de lien social, déclare-t-il. Les gens passent parfois une demi-heure ici rien qu’à bavarder.”

Chacun dans sa voiture

Saintines fait partie de ce qu’on pourrait appeler “la France intermédiaire” : le village n’est ni assez éloigné des grandes villes pour que la vie y tourne autour de l’agriculture ni assez proche pour n’être qu’un simple dortoir. Il a perdu des emplois et des commerces au fil des ans. L’usine d’allumettes n’offre pratiquement plus de travail, et les cafés ont disparu.