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L'Émission politique : les cinq chefs de parti font la fête à Macron

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LE SCAN POLITIQUE - Interrogés tour à tour, ce jeudi soir sur France 2, les cinq chefs des principaux partis sont revenus sur la première année d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Des prises de paroles souvent sévères envers le chef de l'État.

Alors qu'ils avaient signé pour un débat télévisé, les différents chefs de parti ont finalement dû se résoudre à une série de questions-réponses pour le dernier numéro de L'Émission politique sur France 2. Un refus de Christophe Castaner, le patron de La République en marche, a en effet contraint France Télévision à revoir ses plans. Même s'il n'y a donc pas eu de dialogues entre les participants, les cinq chefs de partis - Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen (dans l'ordre de passage) - n'ont cependant pas mâché leurs mots pour juger la première année d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Tous ont également profité de l'émission pour fait part de leurs contre-propositions.

● Jean-Luc Mélenchon: «L'argent est au pouvoir»

Premier à répondre aux questions de Léa Salamé, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois taxé Emmanuel Macron de «président des riches». Arrivé sur le plateau avec une paire de ciseau, le leader de la France insoumise s'est lancé dans une métaphore sur la première année du chef de l'Etat à l'Élysée. «Le monarque républicain n'a pas un spectre, il a une paire de ciseaux. Il coupe dans les budgets de l'État, dans les budgets des pauvres gens, dans l'histoire sociale de la France. Il coupe, il coupe, il réduit», a-t-il déploré. Jean-Luc Mélenchon a profité de son passage dans l'émission pour renouveler son appel à manifester le 26 mai prochain. «Le monde de Macron c'est une manière de vivre, un monde où tout le monde est en compétition avec tout le monde. La société toute entière devrait dire: “stop on ne veut plus de ça”.»

● Laurent Wauquiez: avec Macron, «les Français ne sont pas protégés»

Laurent Wauquiez est revenu, lors de son passage, sur l'attentat terroriste au couteau survenu à Paris samedi dernier. Le président des Républicains a tenu des propos durs à l'encontre d'Emmanuel Macron, estimant que «les Français ne sont pas protégés». «Pas parce qu'on ne peut pas, mais parce qu'on ne veut pas», a-t-il lâché. Laurent Wauquiez a également regretté qu'il n'y aurait pas de «baisse du pouvoir d'achat parce qu'il n'y avait pas de réduction de la dépense publique». «Il n'y a pas de miracle. C'est la raison de mon opposition au bout d'un an à Emmanuel Macron. Ceux qui paient, ce sont les Français, et les impôts vont continuer à augmenter», a prévenu le patron de LR.

● Christophe Castaner: «Nous n'avons pas vocation à aller à droite ou à gauche»

Seul membre du gouvernement invité, Christophe Castaner s'est présenté en défenseur du président de la République et de l'action du gouvernement. «Je suis l'invité central [de l'émission]. Le hasard fait que ça tombe bien car nous menons une politique qui n'a pas vocation à aller à droite ou à gauche», a-t-il assuré. Contre les critiques, le patron de La République en marche a expliqué que les réformes menées par la majorité allaient permettre à la France de «rentrer dans le XXIe siècle». «Nous construisons une société de l'émancipation. Et cela est plus difficile qu'une politique de la subvention. Quand on investit dans la scolarité dans les quartiers les plus difficiles de France, quand on réforme le collège, quand on réforme l'université, on investit sur l'avenir. C'est la façon dont on doit transformer notre pays», a-t-il glissé.

 Olivier Faure: «Il y a un président des riches. Il faut un parti pour tous les autres»

Comme Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure a également renvoyé Emmanuel Macron à son image de «président des riches». Le premier secrétaire du PS a notamment sermonné le président de la République après la suppression de l'«Exit Tax». «Il y a un moment où on ne peut pas créer de la cohésion dans un pays en disant: ‘'Vous êtes riches donc vous risquez de partir, donc on va baisser vos impôts.'. Comment est-ce qu'on comprend ce raisonnement quand les plus pauvres payent toujours plus?», s'est-il agacé. Olivier Faure souhaite également que le Parti socialiste redevienne le «parti pour tous les autres, celui de Jaurès». Le premier secrétaire a cependant annoncé qu'il ne se rendrait pas à la manifestation unitaire du 26 mai prochain, organiséé notamment par La France insoumise, mais sera bien présent à celle du 22.

 Marine Le Pen: «Il faut arrêter l'immigration. On est “full up”, excusez le macronisme»

La présidente du Front national a de son côté fustigé la politique migratoire du gouvernement. «Emmanuel Macron sait qu'il y a une submersion et pourtant il ne fait rien», a regretté Marine Le Pen. «Il faut arrêter l'immigration. On est à saturation totale. On est “full up”, excusez le macronisme», a-t-elle poursuivi. La cheffe du FN en a profité pour fustiger le projet de loi asile et immigration. «Elle aggrave la situation. C'est une politique que je trouve criminelle», a-t-elle lâché. Marine Le Pen a remis sur la table certaines de ses propositions phares. «Nous devons avoir des mesures comme la suppression du droit du sol», a-t-elle par exemple soutenu.

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