Après avoir économisé l'électricité, faut-il commencer à économiser l'eau en prévision de cet été ? Faute de pluie, le niveau des nappes phréatiques est considérablement dégradé à la sortie d'une saison cruciale pour leur rechargement, alerte le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) dans son dernier bulletin.
80 % des points de relevés des nappes phréatiques affichaient au mois de février un niveau « modérément bas » à « très bas », contre seulement 46 % environ il y a un an. Cette multiplication des bas niveaux s'observe également lorsque l'on compare les six derniers mois à leurs niveaux de l'année précédente. Alors que six départements sont déjà en alerte et subissent des restrictions, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, doit publier « dans quelques jours » un plan pour optimiser la gestion de l'eau.
En cause, le déficit de précipitations qui a frappé l'Hexagone au cours de l'hiver, après un été 2022 déjà exceptionnellement sec. Le mois de février a ainsi été le quatrième mois le plus sec en France depuis 1959 : les précipitations enregistrées sur cette période se situent 76 % en dessous de leurs normales de saison, selon les données relevées par Météo-France. Or les précipitations hivernales sont cruciales pour le renouvellement des nappes phréatiques : la végétation étant au repos, c'est la période lors de laquelle l'eau s'infiltre le plus facilement jusqu'aux nappes.
Des nappes déjà trop fragilisées
La météo des prochains mois permettra-t-elle aux nappes de se recharger ? Rien ne l'assure. Selon le BRGM, « en mars, la recharge pourrait néanmoins reprendre sur les secteurs très arrosés. Afin de recharger les nappes, les pluies devront être suffisantes pour permettre tout d'abord d'humidifier les sols puis de s'infiltrer en profondeur. » Une évolution qui devrait principalement bénéficier aux nappes dites « réactives » - les plus sensibles à la pluie.
Certaines nappes déjà trop fragilisées par deux périodes hivernales déficitaires d'affilée, à l'instar de celle du bassin parisien et du couloir Rhône-Saône, n'atteindront toutefois pas des niveaux comparables à leurs normales mensuelles, « même en cas de pluviométrie excédentaire », pointe le BRGM
Source Les Echos Par Pauline Verge Publié le 13 mars 2023 à 19:51Mis à jour le 14 mars 2023 à 07:12
