pays de Fayence: Statégie locale de développement forestier (suite)

Extrait du liminaire de la SLDF:
Cette stratégie s’est mise en place de façon concertée entre les différents acteurs de la forêt présents sur le territoire. Elle vise à optimiser et développer l’accès à la ressource en bois d’oeuvre, bois industrie et bois énergie tout en garantissant la gestion durable des forêts, le maintien de ses fonctions environnementales et paysagères et la création d’emplois.

Un premier concept suscite particulièrement ma réflexion. Une gestion DURABLE de la forêt.

Cela signifie qu'on ne veut prélever par l'exploitation qu'une quantité de bois qui se renouvelle cad. qui ne fait pas disparaître la forêt.

  1. Résineux (par ordre de valorisation croissante): bois de papeterie,  bois énergie pour la centrale électrique de Brignoles, bois de chauffage en plaquettes pour de petites chaufferies collectives ou privées, bois de sciage pour le bois d'oeuvre. Le pin d'Alep est utilisé en menuiseries intérieures. En extérieur il faut traiter ce qui implique des moyens industrielles qui n'existent pas. ...
  2. Feuillus: bois bûche pour particuliers et bois liège pour la filière Suberaie  varoise...

Tous ces usages sont inscrits dans le plan local de développement forestier SLDF de la Communauté du pays de Fayence CCPF. Cette stratégie va s'échelonner sur 15 à 30 ans.

L'autre concept c'est que la SLDF "a été mise en place de façon concertée entre les différents acteurs de la forêt présents sur le territoire".

Je me focaliserai sur le bois énergie puisque pour le moment c'est celui qui est le plus visible, par les coupes publiques et privées (sous plans simples de gestion PSG ou non) à destination de la centrale électrique de Brignoles.

Il est clair qu'il y a un grand nombre d'acteurs avec des intérêts différents dont la conjonction  ne produit  pas forcément  une gestion durable de la forêt.

Mais qu'implique gestion durable dans le cas de la centrale? L'industriel INOVA-Sylviana est un des acteurs; son intérêt était l'investissement pour la rémunération et l'accumulation de capital. Il a répondu à un appel à projets en proposant son projet, la capacité électrique et thermique, les besoins en bois et la manière de les satisfaire durant la vie économique du projet. De tels projets industriels s'évaluent en général sur une durée de 20 ans; d'ailleurs leur contrat avec EDF fixant notamment le prix d'achat est de 20 ans. Les besoins de bois sont de 140000t de bois de forêt et 40000t de déchets de bois  - déchets apportés dans toutes les déchetteries. Je retiens 140000t par an pour la forêt (*), donc 2.8millions de tonnes de pins à couper sur 20 ans.

Ces 2.8Mt sont à prélever autour de Brignoles dans un rayon de 100km, donc une superficie de 31400km2 ou 3.14Millions d'ha. Quelle assurance avons nous que ces 2.8Mt seront prélevés de manière durable.

Evidemment les forestiers consultés disent que OUI, car c'est leur intérêt. Les prélèvements ne seraient que 20% de ce qui pousse naturellement chaque année et qui contribue à aggraver les risques d'incendies.  Mais comment mesure-t-on cela? et comment on pratique?

En pratique la règle c'est de couper 1 arbre sur 3; on coupe les arbres les moins beaux, ceux qui prenent la lumière aux autres... Le but est d'augmenter la valeur des arbres restants en leur donnant plus d'espace et de  lumière. Cette manière de gérer la forêt doit permettre dans 10-15 ans d'avoir des arbres de plus grande valeur pour le sciage... et par le retour des scieurs d'accroître le nombre d'emplois locaux.

(*) Cette proportion déchets de bois/bois de forêts de 40/140=28.6% va être augmentée en augmentant les déchets et diminuant le bois forêt. A l'instar des incinérateurs, Inova a investi dans la filtration des fumées, pour pouvoir brûler des bois traités. C'est donc du recyclage.

Gestion durable de la forêt.

En savoir plus sur les mesures:  Les professionnels de la forêt travaillent par des sondages et des échantillonnages.

  1. Des placettes.
  2. CRIGE PACA groupe de travail Placette expérimentale