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Sur la fête à Macron: ce qu'en pense Claude Weill et d'autres

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C'est la manif n'importe quoi. Le gloubiboulga des luttes. La manif « potau-leu » inventée par le député insoumis François Ruffin (image), agitateur roublard et imaginatif. Comme dans les restaurants où l'on peut « apporter son manger », ici, chacun apporte ses colères et ses sujets de mécontentement. Cheminots, étudiants, lycéens, fonctionnaires, soyez tous les bienvenus. Mais si votre chef de service vous harcèle, ou si votre voisin vous pourrit la vie, ça le fait aussi. Ruffin n'est pas regardant. Le seul mot d'ordre, c'est faire la fête à Macron; chacun l'entendra comme il voudra.


On espère que ça ne dégénérera pas. Après les débordements du 1er Mai, et vu ce qui circule sur les sites pro black blocs, on n'en jurerait
pas. Il ya une certaine ironie à voir les organisateurs de ce grand monème du 5 mai placer leur espoir dans la police, cette même police dénoncée par ailleurs comme une milice brutale et violente quand elle vient rétablir l'ordre à Tolbiac ou à Notre-Dame-des-Landes.


Il est vrai qu'en ce moment, les amateurs d'ironie sont à la fête. C'est le printemps du n'importe quoi. Le système politique tout entier est devenu un grand pot-au-feu. François Holande, grisé par l'intérêt des médias pour ses mémoires d'ex, joue les leaders de l'opposition. Un ancien candidat à l'Elysée, Benoit Hamon, justifie les violences du 1er mai par la «brutalité» de la politique de Macron, oubliant qu'on a déjà connu maintes fois ces scènes de guérilla urbaine, et souvent pires, y compris sous la gauche.


Le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, se déchaine contre « les cadeaux fiscaux faits aux plus riches » et sa porte-parole Lydia Guirous, dégomme « le président des super riches et de l''offro-libéralisme» à croire qu'ils n'avaient pas lu le programme de François Fillon...
Bref, Harnon fait du Poutou et Wauquiez du Mélanchon. Quant aux Insoumis, ils s'époumonent à souffler sur les braises et cherchent dans la rue une revanche sur le verdict des urnes, qu'ils n'ont au fond jamais vraiment accepté. On connait l'argument, ressassé ad nauseam par Melenchon et les siens: Macron, qui n'a obtenu que 18 % des inscrits au premier tour, ne serait pas légitime à imposer une politique que les
Français n'ont pas voulue - étrange argument qui oublie  les législatives gagnées par LREM.


Tout cela s'agite et bouillonne, mais après ? Le paradoxe, en cet an I, c'est que la montée des tensions, jusqu'ici, n'a pas vraiment mis l'exécutif en difficulté. En un sens, la radicalisation le sert. A défaut de pouvoir proposer une alternative politique viable, l'opposition, ou plutôt les oppositions, éclatées, balkanisées, et surtout incompatibles, surenchérissent dans l'antimacronisme, au risque d'être aspirées vers les extrêmes, élargissant d'autant l'espace politique du gouvernement. Situation très avantageuse pour celui-ci à court terme. Terriblement dangereuse pour le pays à long terme.

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