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Le Tsunami de la dette souveraine s’annonce pour 2020…au plus tard?


Nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure. Mais nous ne pouvons plus ignorer le risque d’un tsunami qui va déferler sur nos économies au plus tard à la fin de 2020 sous le coup de l’indiscipline des Etats-Unis et de la hausse des taux. L’enjeu est redoutable : $ 63.000 milliards de dette souveraine est en circulation. Une crise de la dette souveraine serait donc un vrai tsunami dont nous commençons à ressentir les premiers soubresauts. Le Fonds Monetaire International vient de pousser un cri d’alarme accusant les pays de ne pas avoir mis d’ordre dans leurs finances.

Les Etats-Unis

Les Etats-Unis sont un danger du fait de la taille de la dette existante ($ 21 000 milliards, soit un tiers de la dette mondiale), de la réforme fiscale qui favorise les hauts revenus et augmentera la dette de 1000 milliards et du déficit budgétaire croissant.

Mais si la taille de l’endettement augmente, ce sont les taux d’intérêt qui menacent le plus. Frôlant 3% pour des emprunts à dix ans, ils sont en hausse de 1,20 % depuis l’arrivée de Donald Trump. A terme, c’est un accroissement de la charge d’intérêt de près de 300 milliards, soit un doublement en trois ans.

Un effet positif provient cependant de la hausse des taux : la Federal Reserve est à nouveau capable de baisser le taux en cas de crise économique et a mis fin en 2017 a sa troisième (et inutile) politique de « quantitative easing »

L’Union Européenne

Contrairement aux Etats-Unis, l’Europe a mis en place des mesures d’encadrement des déficits budgétaires. En 2012, le pacte budgétaire européen de l’Eurozone a initié un processus de contrôle budgétaire au niveau européen dont les effets commencent à se faire sentir.

Mais c’est du côté de la politique monétaire que le bât blesse. La politique de quantitative easing a fait exploser le bilan de la BCE qui devient de moins en moins capable de faire face à une crise qui pourrait provenir d’Italie dont la dette atteint 131% du PIB et € 2.300 milliards.

Cette politique a résulté en une expropriation des investisseurs et des compagnies d’assurances et fonds de pension de l’Eurozone. Les taux d’intérêt à dix ans sont à 0,5% en Allemagne. Cette politique dont l’utilité n’a jamais été démontrée va progressivement se ralentir et amener les taux à augmenter. Ce sera un bain de sang pour les pays très endettés de l’Eurozone.

Japon

Malgré $ 10450 milliards représentant un taux d’endettement de 253% du PIB, les taux d’intérêt des Japanese Government Bonds stagnent à 0% pour dix ans. Il faut dire que la moitié environ de ces obligations est logée à la Banque du Japon. Et représente 80% de son bilan.

Nous sommes donc dans un système qui s’autofinance à travers deux grandes institutions contrôlées par le gouvernement et par fidélité a toute épreuve des Japonais qui détiennent une bonne partie de leur épargne en emprunts d’ETA.

Comment se défendre ? Vendre des actifs. 

Une des caractéristiques de la situation du moment est le déni. Certes, en conversations privées, la conscience d’un risque d’ouragan est présente, mais il s’agit d’un phénomène de schizophrénie qui feint d’ignorer que les premiers soubresauts se font déjà sentir. Il va falloir choisir entre la diminution des depenses, l’augmentation des recettes, mais surtout, de maniere plus immediate, la vente d’actifs sur une grande echelle.

Il est urgent d’infléchir la politique de la Banque centrale Européenne. Les 2.000 milliards d’excédent de la BCE doivent cesser de s’accroitre à un niveau de € 60 milliards par mois. L’Europe est vacillante à cause de la politique de sa banque centrale.

La crise pourrait cependant venir des Etats Unis où un tiers de la dette est détenue par des organismes étrangers, principalement des banques centrales.

Comme individus, assurons-nous que nous sommes en mesure de faire face à une baisse importante de nos actifs et que notre endettement est à taux fixe et sur longue durée. Nous ne pouvons pas compter sur le déni des autorités politiques et monétaires, ni sur les banques, gorgées de bons d’Etat pour des montants supérieurs à leurs fonds propres.

Le moment est venu de prendre des mesures courageuses et immédiates. 2020 est proche.

 



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