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tvmag.lefigaro.fr | Sarah Lecoeuvre

 

Pourquoi Emmanuel Macron a choisi le JT de Jean-Pierre Pernaut pour s’exprimer

 

Ce jeudi, le président de la République s’est adressé  aux Français dans le 13 heures de TF1. Un choix d’émission stratégique.

Pour sa première grande interview télévisée de 2018, Emmanuel Macron a choisi le journal de 13 heures de TF1. Si le choix de cette émission pour un grand oral peut surprendre - Jean-Pierre Pernaut ne reçoit jamais d’invités politiques sur son plateau - il est loin d’être anodin. Il semble, au contraire, très stratégique.

Des audiences au plus haut

Pour toucher le plus grand nombre de Français, le meilleur choix reste inconstestablement l’édition de Jean-Pierre Pernaut. Après trois décennies passées à la tête de son JT, les audiences de ce dernier ne faiblissent pas. Chaque midi, ils sont, en moyenne, entre 5 et 6 millions de téléspectateurs à le suivre, soit près de 41 % du public. Une édition qui séduit aussi bien les jeunes (30 % de part d’audience sur les 25-49 ans), la fameuse ménagère de moins de 50 ans responsable des achats (31,3 % de PDA) et les cadres (34,8 % de PDA). Des chiffres qui font du 13 heures de TF1 l’un des programmes télé les plus suivis du petit écran. Un exploit à une époque où le paysage audiovisuel français compte une vingtaine de chaînes gratuites. Il s’agit par ailleurs du JT le plus regardé d’Europe (avec l’édition de 20 heures de la même chaîne).

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Une ligne éditoriale qui se veut proche des Français

Même s’il adore observer la politique française, le journaliste de 67 ans ne la traite quasiment pas dans son édition. Sauf événements majeurs. «Je n’aime pas relever les petites phrases des politiques», nous expliquait-il en février dernier à l’occasion de ses 30 ans de JT (voir la vidéo en tête d’article). La force du successeur d’Yves Mourousi demeure liée au contenu de son édition, dont l’essentiel repose sur des reportages réalisés dans les régions. «C’est un journal qui se veut plus près des préoccupations des gens. C’est parler aussi bien de Paris, de Marseille que de Brest ou Strasbourg. Grâce à nos reporters déployés aux quatre coins de la France (150 journalistes dans 19 bureaux), on montre des personnes âgées en difficulté, des paysans, des pêcheurs…», nous confiait-il encore. «J’essaye surtout de raconter des histoires dans la perspective d’une actualité. Quand il y a une diminution des charges, ce qui m’intéresse c’est de voir la feuille de paie des gens.» Préoccupé par la défense du patrimoine français, il multiplie aussi les reportages à ce sujet. Cette année, il a même lancé le concours du meilleur marché de France. Une implication qui rappelle celle d’un personnage apprécié du président, Stéphane Bern.

Ce JT est donc une aubaine pour Emmanuel Macron, bien décidé à recréer un lien avec les Français et rompre avec son image de «président des villes». Surtout dans ce climat social tendu à la SNCF, dans les universités, dans la fonction publique. Une occasion de s’adresser également aux retraités qui s’inquiètent de la hausse de la CSG et les personnes vivant en milieu rural. Le décor choisi pour l’interview, dans une école primaire de l’Orne, confirme cette démarche. Au cours de cet entretien qui devrait durer une heure, Emmanuel Macron devrait réagir à des reportages où les Français l’interpelleront.

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Jean-Pierre Pernaut, l’homme libre

Pour son nouveau grand oral, le chef de l’État répondra aux questions d’un des hommes les plus populaires de l’Hexagone. Selon le JDD, Jean-Pierre Pernaut est effectivement la 16e personnalité préférée des Français. En 2015, dans notre sondage OpinionWay, cet Amiénois, comme Emmanuel Macron, décrochait le titre de présentateur de journal télévisé préféré des Français. Un homme de convictions aussi: il n’hésite jamais à donner son avis dans son journal. «Ce n’est pas le journal d’un robot, c’est le journal de Jean-Pierre Pernaut. Sans prompteur», nous justifiait-il. Et qu’importe le récent rappel à l’ordre du CSA pour l’un de ses commentaires prononcés entre deux sujets du JT (il y remarquait qu’il n’y avait «plus de place en France pour les sans-abri alors que les centres pour migrants continuent à ouvrir partout»): «Le CSA est libre de livrer des commentaires mais, moi, je suis libre de faire mon métier». Un personnage au fort tempérament qui ne semble pas gêner Emmanuel Macron puisque dimanche 15 avril, quatre jours après TF1, il sera confronté à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel (pour BFMTV, RMC et Mediapart), des journalistes réputés intraitables avec leurs interlocuteurs.

 



Created: 12/04/2018
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