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Source: lemonde.fr

 

Bure : lancement d’une opération d’évacuation des opposants au projet Cigéo

 

Ce site de la Meuse a été choisi pour enfouir 85 000 mètres cubes de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue.
Les forces de l’ordre ont lancé, jeudi 22 février au matin, une opération d’évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires.

Après Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le gouvernement s’attaque au dossier de Bure (Meuse). Dans un tweet publié tôt, jeudi 22 février, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé le début de l’opération d’évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires dans ce village de 82 habitants.

C’est sur ce site, dans le sous-sol argileux du village de Bure, que le projet Cigéo devrait procéder à l’enfouissement 85 000 mètres cubes de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue. Les forces de l’ordre – 500 gendarmes, dont cinq escadrons de gendarmerie mobile – mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc.

En renfort des associations environnementales hostiles à ce projet d’enfouissement de déchets nucléaires, se sont joints de nouveaux militants, plus jeunes et plus radicaux. Ces derniers se sont installés – en toute légalité – dans un ancien corps de ferme reconverti en « Maison de la résistance » et dans quelques maisons achetées ou louées dans les villages environnants.

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Ils ont aussi investi, durant l’été 2016, une forêt de 220 hectares, le bois Lejuc, cédée par la commune de Mandres-en-Barrois à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), maître d’ouvrage du projet de stockage. Et ils en ont fait un camp retranché, avec barricades, cabanes et vigies dans les arbres. C’est cette forêt qui est évacuée par les forces de l’ordre, jeudi matin.

« C’est la sidération »

Contactée par l’Agence France-Presse, une porte-parole du collectif Bure Stop a regretté cette intervention des forces de l’ordre : « C’est absolument invraisemblable, car la visite de M. Lecornu (secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot) était prévue aujourd’hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu’opposants. C’est la sidération. »

Invité de BFM-TV jeudi matin, Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a défendu la décision prise par M. Collomb :

« Il y a occupation illicite d’un espace par des gens qui ne sont pas de gentils écologistes dans la forêt, mais des gens qui vont souvent manifester de façon violente, en se cachant. (…) Ce projet d’enfouissement est scientifiquement la meilleure solution. (…) Il n’est pas question qu’on laisse s’enkyster des gens qui décident ce qui est bon pour la nation, pour eux, contre la loi. »

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L’été dernier, les opposants au projet s’étaient sentis confortés dans leur combat par les réserves de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, sur la fiabilité du site de stockage souterrain, tel qu’il est, pour l’instant, conçu.

La décision de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) de repousser à la mi-2019 la demande d’autorisation de création de Cigéo semblait également aller dans leur sens. Pourtant, la mise en service du « cimetière radioactif » est annoncée pour 2026 ou 2027.

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Created: 22/02/2018
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