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Religion: lien social ou source de discorde?

La religion a deux dimensions: une horizontale et transversale; l'autre verticale et personnelle. La transversale est le lien social, de partage de valeurs, de comportements et de pratiques; la personnelle est la relation que chacun entretient avec Dieu par la foi.

Une religion est un système (…) de croyances et de pratiques qui unissent en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent  Emile Durkheim Les Formes élémentaires de la vie religieuse.

 

de Guillaume Goubert La Croix 12/4/2017

La question religieuse est de retour dans le débat public. Cela pourrait constituer, pour les croyants, un motif de réjouissance. Durant les dernières décennies du XXe siècle, la sécularisation semblait inexorablement reléguer les religions dans les marges de la vie sociale, comme une survivance dont on pouvait s’accommoder pour peu qu’elle veuille bien rester discrète. Avec le début du XXIe siècle, le paysage a profondément changé, en France comme dans le reste de l’Europe. Le catholicisme a repris la parole sous l’impulsion, notamment, du pape Jean-Paul II. Et l’islam est devenu visible pour le meilleur mais aussi, hélas, pour le pire : certains musulmans ont fait le choix d’attitudes sécessionnistes pouvant aller jusqu’à une violence meurtrière.

De ce fait, les débats sur les questions de croyance sont malheureusement souvent marqués par des peurs, des crispations, des attitudes de rejet. Les religions ne sont pas perçues comme des éléments constitutifs du lien social mais comme des facteurs de division, de séparation. Ce qui amène certains programmes politiques à plaider pour un durcissement du régime de laïcité propre à notre pays. On s’éloignerait alors de la conception actuelle de la loi de 1905, garantissant à la fois la neutralité de l’État et la liberté de religion.

Une autre laïcité se profile qui imposerait aux religions une obligation de discrétion et les confinerait dans la sphère privée. Il faut résister à cette évolution. Les croyants ont certes le devoir de lutter contre toute tentation extrémiste en leur sein. Mais ils ont aussi le droit d’apporter leur contribution propre à la vie sociale, en particulier dans le domaine de la solidarité, de la gratuité. Une telle richesse mérite d’être reconnue et non combattue.

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