Source: 20minutes.fr

 

Dans dix ans, «le plus grand désert médical va être la ville de Toulouse»

 


Illustration d'une consultation chez un médecin généraliste.

Illustration d'une consultation chez un médecin généraliste. — V. WARTNER / 20 MINUTES

  • Près de 42 % des médecins généralistes de la Ville rose ont plus de 60 ans.
  • Des projets de maisons de santé interdisciplinaires voient le jour dans des quartiers en plein développement démographique, véritables déserts médicaux.
  • Moins de 10 % des médecins tout juste diplômés s’installent à Toulouse.

Il y a un an, le docteur Victor Anderes s’installait à Borderouge. Ce quartier toulousain, sorti de terre au cours de la dernière décennie, est à peine à 6 kilomètres du Capitole mais fait déjà figure de véritable désert médical.

« Quand je suis arrivé, trois cabinets ont fermé d’un coup. En moyenne, on compte un médecin pour 1.500 habitants, là nous sommes trois généralistes pour 30.000 habitants, soit dix fois moins que ce que l’on devrait être », souligne le praticien qui partage les locaux du centre de soins avec des infirmiers.

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Et cette association, c’est un des facteurs qui lui a permis de passer le cap. « Il existe des freins matériels, mais il y a aussi la peur d’être seul, débordé, de ne pas pouvoir prendre de vacances », insiste le jeune généraliste. Pour pouvoir faire face à la demande, un autre médecin l’a rejoint, il a élargi les heures d’ouverture et consulte sans rendez-vous.

Les infirmiers « parfois obligés de faire des actes médicaux sans être couverts »

Une présence importante pour ses collègues infirmiers, confrontés avant leur arrivée à des problèmes de saturation. « Quand il n’y a pas de médecins, nous sommes parfois obligés de faire des actes médicaux sans être couverts, cela freine la prise en charge et parfois nous avons recours à l’hospitalisation », déplore Olivier Sillas, un des infirmiers du cabinet de Borderouge.

Pour attirer de nouveaux collègues, ils ont décidé de se lancer dans un projet de maison de santé pluridisciplinaire sur le quartier où l’on pourrait trouver des spécialistes. Et pour y parvenir, ils sont en contact avec Toulouse Métropole Habitat qui leur revendrait 600 m2 de bâtiments au cœur du quartier.

« Nous avons un rôle de facilitateur, nous mobilisons du foncier sur les quartiers où il manque des médecins pour que ceux-ci puissent s’installer plus facilement », relève Franck Biasotto, le président de l’office public HLM. Mardi, il signait au Capitole une convention pour endiguer le phénomène de déserts médicaux sur le territoire de la Ville rose.

Près de 42 % des généralistes toulousains ont plus de 60 ans

Un phénomène qui n’en est qu’à ses débuts si on en croit les chiffres. Sur les 564 médecins généralistes qui exercent dans la Ville rose, 41,7 % ont plus de 60 ans, quand ils sont « seulement » un tiers en Ariège.

« Tous les jours on nous parle de déserts médicaux dans les campagnes, mais le plus grand désert médical va être la ville de Toulouse. Dans les campagnes, il y a de moins en moins de médecins mais de moins en moins de monde aussi. A Toulouse, la population augmente et les médecins sont déjà à flux tendu, je reçois trois ou quatre courriers chaque semaine de patients qui n’arrivent pas à trouver un médecin traitant », souligne Jean Thévenot, président de l’Ordre des médecins de Haute-Garonne.

Et les perspectives sont loin de s’éclaircir. « En 2016, nous avons enregistré 73 cessions d’activités de médecins généralistes à Toulouse pour 14 installations », avance Michel Davila, le directeur de la Caisse primaire d’Assurance maladie de la Haute-Garonne.

La solution des maisons de santé pluridisciplinaires

Certains praticiens ont aussi quitté ces dernières années le centre-ville, plus cher, pour la périphérie. Et comme moins de 10 % des jeunes médecins généralistes tout juste diplômés viennent apposer leur plaque à Toulouse même, il est vital de trouver des solutions.

Depuis un an, aux côtés de l’Agence régionale de santé ou encore de la mairie, Jean Thévenot sillonne les quartiers de la Ville rose pour faire remonter les besoins. Les maisons de santé pluridisciplinaire en sont une. Plusieurs sont en projet, que ce soit à La Vache, Reynerie ou encore Bonnefoy.

 



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