Jean-Baptiste Say: loi des débouchés

 

"Loi économique" émise par le grand économiste libéral français, Jean-Baptiste SAY, au début du XIXe siècle: les "produits s'échangent contre des produits et l'offre crée sa propre demande".

La première partie de la formule vise le rôle de la monnaie, considérée comme un simple voile, un intermédiaire des échanges : c'est la thèse de la neutralité de la monnaie, suivant laquelle la monnaie n'influence pas les grandeurs réelles (emploi, croissance) mais seulement les grandeurs nominales (inflation). Les monétaristes aujourd'hui retiennent la thèse de la neutralité de la monnaie à long terme; c'est-à-dire qu'à court terme, les mouvements monétaires peuvent influencer les variables réelles, mais qu'à long terme, ils n'ont d'autre influence durable que sur les prix : autrement dit, une croissance monétaire excessive ne relancera jamais durablement la production, mais seulement l'inflation.

La deuxième partie de la formule de J.B. SAY vise à montrer qu'il ne saurait y avoir de déséquilibre durable en économie de marché et que l'offre y joue un rôle moteur: si l'offre (la production) augmente, cela implique une distribution de revenus équivalents, et donc les moyens de racheter le supplément d'offre. Naturellement, cette analyse suppose une grande souplesse de tout le système économique, car la demande pourra s'adresser à un autre secteur: il faut alors que les facteurs de production soient assez mobiles pour suivre - ou précéder - la demande.

Tous ces ajustements ne seront pas instantanés et des déséquilibres provisoires pourront se produire, d'autant plus durables que les adaptations seront lentes, les rigidités grandes, la mobilité faible, etc. La tradition de SAY et de la loi des débouchés, qui a influencé le renouveau de l'économie de l'offre au 20e siècle, dans les années 70/80, s'oppose à une autre tradition, celle de MALTHUS au 19e et de KEYNES au 20e siècle, faisant au contraire de la demande le moteur de toute l'activité : il suffirait alors de distribuer des revenus pour que la production suive. Au contraire, dans la tradition de SAY, l'économie de l'offre accorde d'abord la plus grande attention à ce qui se passe du côté de la production, du rôle des entrepreneurs, etc., considérant que les débouchés existeront à partir du moment où l'offre s'est développée et adaptée.