L'exploitation du Balançan sera-t-elle prolongée de 10 ans par le groupe Pizzorno?

 

balancan.jpgLa coïncidence est troublante. Elle n'a pas manqué d'attiser comme un vent de suspicion dans le monde pas très feutré des déchets. Le 23 novembre dernier, le sous-préfet de l'arrondissement de Brignoles prenait un arrêté suspendant l'exploitation du centre d'enfouissement des déchets de Ginasservis, pour des motifs d'atteinte à l'environnement.

Le lendemain, le groupe Pizzorno Environnement envoyait en préfecture une demande d'exploitation d'un nouveau casier, jusqu'en 2028, sur son site du Balançan au Cannet-des-Maures. Difficile d'y voir une simple coïncidence.

"PAS D'ALTERNATIVE AU BALANÇAN"

Pourtant, Hervé Antonsanti, responsable de la branche valorisation traitement de l'industriel, s'en défend. "Le site arrivant à saturation en 2018, il y a nécessité d'anticiper pour assurer la continuité du service public. Aucun projet à ce jour ne permet d'apporter d'autre solution à court terme pour le traitement des déchets varois." Comprendre, " sans moi, le chaos "...

C'est en tout cas l'avis, partagé depuis belle lurette, des associations environnementales ou du maire du Cannet-des-Maures. "Dégoûté", Jean-Luc Longour y voit, "l'effacement de la puissance publique devant les intérêts d'un groupe privé."

Pour cause, "en plus de notre Plan d'occupation des sols qui s'y oppose, l'autorité environnementale de la région, la Dreal, a émis dans le plan départemental de gestion des déchets un avis négatif sur la poursuite de l'activité du Balançan au-delà de l'autorisation donnée jusqu'à 2020."

Ainsi, l'autorité de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement serait, à en croire certains, à "géométrie variable".

Ajustable en ce qui concerne le Balançan. Implacable sur le site de Ginasservis, dont elle a obtenu la fermeture.

PAS D'IMPACT SUR LES AUTRES PROJETS

Pour Bernard de Boisgelin, le président de la communauté de communes de Provence Verdon, financeur du syndicat mixte délégataire qui assure en régie publique la gestion du site, "il y a deux poids, deux mesures. Un industriel peut obtenir des délais de l'État pour se mettre aux normes alors que l'on impose une fermeture administrative sans conditions ni concertation à une structure publique gérée par un EPCI de 26.000 habitants!" 

D'autant plus que l'exploitation du site de Ginasservis s'inscrit, elle, pleinement dans le plan départemental révisé de gestion des déchets, comme partie intégrante de la structure TechnoVar.

En vertu de la nouvelle division en trois zones du département, les déchets ultimes non valorisés et échappant au traitement multifilières de tout un tiers nord-ouest du département ont vocation à y être enfouis.

André Guiol, l'un des principaux artisans de ce vaste et ambitieux projet, considère ainsi ces deux annonces concomitantes comme déliées de tout rapport, même s'il comprend "une suspicion légitime".

Comme d'autres, réalistes, il plaide pour que toutes les infrastructures du territoire soient mises à contribution pour traiter le plus efficacement possible la question des déchets dans le département.


Source Var Matin 25/01/2017