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I Depuis maintenant plus de 3 semaines nous savons qu’une crise importante va survenir, mais cependant elle est systématiquement minorée voire oubliée par le gouvernement français mais aussi les gouvernements européens et les institutions internationales #Thread
2 Regardons d’abord les estimations de début avril du FMI. Elles annoncent une crise modérée : croissance mondiale passant de 3,3% à 3,1%, réduction plus forte dans les pays pauvres que dans les pays riches, et 0,1% de moins pour l’UE.
3 Les raisons de cet optimisme sont doubles. (a) les hypothèses se concentrent sur un blocus du détroit d’Hormuz « court », alors que nous savons que ce n’est plus le blocus qui importe mais la destruction des terminaux et des raffineries. J’ai abandonné ces hypothèses le 12 mars
4 (b) Mais, le modèle utilisé est faux dans son ensemble. Il calcule des relations « en prix », alors qu’il faut calculer des relations en quantités, suivant la matrice de Leontieff, dite matrice « input-output ». En fait cela minimise l’impact des hydrocarbures sur la production
5 Or, nous sommes entrés dans un monde où les quantités sont plus importantes que les prix, en particulier pour la production d’engrais et les conséquences sur l’agriculture, mais aussi pour l’industrie et pour l’impact des pénuries d’hélium, de souffre, d’aluminium
6 Notons aussi que les modèles (FMI et INSEE) supposent des relations linéaires. Or, elles ne le sont pas. La baisse de l’agriculture pour une petite baisse d’engrais est proportionnelle. Pour une grande baisse elle est du double de la baisse d’engrais.
7 Cette non-linéarité explique pourquoi des modèles conçus pour prévoir les effets des faibles pertes d’énergie (-3%/-5%) se révèlent complètement inadaptés dès que l’on est confronté à des pertes de -10% à -15%. Ceci est connu des spécialistes depuis plus de 25 ans
8 Entre des hypothèses trop favorables ET des erreurs de construction, on en arrive à sous-estimer grandement l’impact de la crise. Elle sera sans doute de -1,5% pour les pays développés, avec certains très touchés (Allemagne -2%) d’autres moins (France -1,3% ?)
9 Cette crise va connaitre plusieurs stades : effet direct, effet induit par retour de la crise de nos voisins sur l’économie française, effet de 3ème tour de par les anticipations négatives issues de la « surprise » de la crise et amenant des comportements amplifiant la crise.
10 Il est donc désormais très probable que la crise va s’amplifier avec le temps et connaitre son zénith entre la fin de l’année 2026 et la première moitié de 2027, avant de se stabiliser puis de commencer à régresser de mi-2027 à mi-2028 voire fin 2028.
11 Cette crise sera marquée par une inflation grandissante pouvant atteindre > de 5% au début 2027 et provoquant une contraction de la demande qui viendra accentuer l’effet induit et aggraver l’effet de 3ème tour. La question des comportements sera ici importante.
12 Nos gouvernants minimisent les effets et la durée de cette crise car (a) ils ne la comprennent pas (et ne sont pas équipés intellectuellement pour…) et (b) parce que politiquement cette crise remet trop de choses en cause et qu’ils sont dans le déni.
13 Pourtant, il est encore temps de tenir un discours de vérité au peuple, discours qui pourrait éviter l’apparition de comportements d’affolement qui auront pour effet d’aggraver considérablement les effets de la crise. Certains des revenus les plus faibles doivent être garantis
14 Il faut retrouver une énergie moins chère, limiter la pénurie physique que nous allons connaître. Il n’y a pas d’autre solution que d’ouvrir des négociations avec la Russie qui s’avère être l’un des rares pays avec une flexibilité de production avant que l’Asie ne prenne tout
15 Les déclarations du Premier-ministre belge d’il y a 3 semaines étaient justes (comme l’avait été son opposition à une saisie des avoirs russes). Si l’UE est trop divisée pour prendre ce chemin, alors il faut constituer un groupe de pays qui agira de concert en ce sens.
16 Il faut comprendre qu’en France, du fait de la désindustrialisation, c’est essentiellement par l’inflation (réduction du revenu réel) que se transmettra la crise. Les ménages comme les entreprises souffriront, ces dernières via une hausse des coûts de transport et d’énergie.
17 Par contre, si nous devons connaitre une inflation en hausse de +3,4% par rapport aux prévisions (minimum?), cela augmentera les ressources fiscales et nous permettra d’utiliser ce surplus pour protéger les ménages les + exposés et les entreprises les + en difficulté.
18 Ce sont des choix politiques qu’il nous faudra faire et ils impliquent un débat et non le silence, un nouveau budget reflétant ces choix devra être soumis au Parlement d’ici la mi-juin car la vague de la crise va commencer à déferler cet été
19 Le silence du gouvernement, son déni par rapport à l’ampleur de la crise et aux conséquences qu’elle aura, sont dangereux et irresponsables. L’idée que nous serions face à une crise de courte durée est une folie.
20 Les députés, quels que soient leurs partis, leurs fractions, leurs clans, qui en sont au moins conscients et qui aiment leur pays, se doivent d’agir ensemble pour forcer le gouvernement de sortir de sa léthargie criminelle. Le temps n’attend pas…

 

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