L'Etat islamique " (EI) a-t-il décrété un couvre-feu sur les médias sociaux,

 

L'Etat islamique " (EI) a-t-il décrété un couvre-feu sur les médias sociaux, comme jadis on faisait éteindre les lumières à l'approche des bombardiers ? Depuis l'automne, l'organisation bat campagne sur Internet, mais en des termes bien différents de ses précédentes offensives, quand des volées de tweets triomphants accompagnaient ses salves de roquettes.

Depuis le déclenchement des frappes de la coalition, il s'agit désormais de s'abstenir de partager des éléments pouvant nuire à la sécurité de la dawla – " l'Etat " – en donnant trop d'informations aux services de renseignement occidentaux.

Les vidéos, images et même messages qui permettraient de localiser des unités ou infrastructures de l'EI sont proscrits. " Selfies ", combats saisis sur le vif, pick-up lancés sur les routes et discussions liées sont, sinon bannis, du moins rigoureusement encadrés. Une révolution culturelle pour les sympathisants de l'EI habitués à utiliser les réseaux sociaux à haute dose.

" Partisan, ne nous tue pas ! ", proclame, entre supplique et menace, l'un des visuels les plus diffusés. Un deuxième est plus explicite : une fermeture éclair y remplace une bouche.

" L'Etat islamique ne veut pas que ses membres ou sympathisants divulguent quoi que ce soit qui puisse constituer une cible importante pour les forces de la coalition ", estimele chercheur Aymenn Jawad Al-Tamimi, de l'université d'Oxford, qui travaille sur les groupes djihadistes et insurrectionnels sunnites en Irak.

" Il y a une différence entre commenter une bataille des moudjahidin et renseigner l'ennemi sur leurs déplacements ", insiste un combattant. Concluant ses considérations tactiques d'un tonitruant : " N'annoncez que nos victoires ! "

Des avertissements qui font écho à une bourde de l'EI cet été : Bellingcat, un collectif d'investigation et de journalisme citoyen, a ainsi pu localiser un centre d'entraînement près de Mossoul (Irak) en se basant sur des photos publiées par le compte de la wilaya de Ninive de l'Etat islamique. Une affaire depuis régulièrement citée en exemple par les djihadistes. Source  le Monde

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