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Ascoval nouvel épisode de la crise de la sidérurgie et de sa restructuration
dans le contexte mondial désormais dominé par la Chine

l'état stratège est à la manoeuvre pour tenter de sauver les quelques 350 emplois qui restent... mais est ce possible, et si oui est ce que ce sera durable?

Comprendre ce qui se passe à Ascoval à Saint-Saulve à côté de Valenciennes sur la rive gauche de l'Escaut.

Voici l'historique de cette usine déjà affectée plusieurs fois par la crise de la sidérurgie. Fermeture d'Ascoval à Saint-Saulve : l'histoire d'un échec industriel et politique

Je pense que le titre est trompeur;  je préfère "revers". L'échec est aussi dû à  l'évolution économique  internationale, l'intégration de la Chine et des autres pays émergents dans la division internationale du travail, la financiarisation de l'économie donnant priorité aux ationnaires pour des gains à court terme, et l'affaiblissement général des syndicats depuis années 1980.  Ces trois éléments sont largement présents dans les causes des revers d'Ascoval. Ces trois éléments sont aussi la cause profonde de la montée des populismes en Europe comme aux Etats-Unis: l'incapacité des poltiques à s'adater à la nouvelle donne internationale, voulant préserver le passé et ne parvenant pas à changer de modèle de croissance.

Concernant la place de Vallourec spécialiste des tubes "Le marché des tubes pour le pétrole ou le gaz est devenu chinois. C’est la fin de l’industrie de base en France." Voilà la triste réalité

Mais suivons le fil des évènements

Ascoval est une création récente comme  le montre ce dossier dû à F3 Hauts de France Fermeture d'Ascoval à Saint-Saulve : l'histoire d'un échec industriel et politique. Ascoval est le marriage de Vallourec avec Ascométal appelé par Vallourec pour tenter de sauver les emplois du site de Saint-Saulve. Ascométal est un ex grand de la défunte grande sidérurgie française. Ascométal, spécialsite des aciers spéciaux en produits longs, est en effet un descendant d'Usinor-Sacilor et de la restructuration des années 1990.  Le marriage est 40% Vallourec et 60% Ascométal, Vallourec cédant le management des opérations à Ascométal. C'est une opération de désengagement de Vallourec.

Mais Ascométal est aussi en difficulté, pour des raisons analogues de la division internationale du travail. Ascométal se relève à peine d'un redressement judiciaire prononcé en 2014. Cette année-là, l'entreprise est plombée par une dette de 360 millions d'€, avant d'être reprise par Franck Supplisson - ex directeur de cabinet d'Eric Besson ministre de l'industrie, soi diant un génie des affaires capable de redresser l'entreprise - et d'investisseurs français et européens, mais principalement anglo-saxons.  Voir Faillite d’Ascometal : le cas d’une entreprise symbole qui revient à la figure du gouvernement.

Le 29 janvier 2018 : Ascométal est cédé à un groupe germano suisse dont le projet exclut le site de Saint-Saulve. Lundi 29 janvier, au matin. Le tribunal de grande instance de Strasbourg rend sa décision et choisit le projet du Germano-Suisse Schmolz + Bickenbach. Or, dans ce projet ne figure pas le site d'Ascoval.  Cette décision, qui va à l'encontre de l'avis des trois présidents de région concernés par Ascométal, suscite de vives réactions de la part de personnalités politiques et des représentants syndicaux.  Voir Schmolz + Bickenbach

L'état stratège a donc dû chercher d'autres repreneurs pour Ascoval. Aujourd'hui seul Altifort, une petite société créée récemment par 2 jeunes ingénieurs qui rachètent des entreoprises en difficulté pour les redresser.

 

Qui est Altifort, le seul repreneur d'AscoVal qui reste en piste ?

lesechos.fr Anne Feitz

 

Pour Altifort,  la reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) , serait un gros morceau. Le candidat dégage à peine plus de revenus que sa cible : 200 millions d'euros prévus pour cette année, contre environ 135 millions d'euros par an pour Ascoval. L'opération s'inscrit pourtant totalement dans la stratégie du jeune groupe basé à Ham (Somme) : se développer dans les matériaux spéciaux pour des applications pointues, dans des secteurs comme le nucléaire, la pétrochimie ou l'automobile.

C'est au départ l'envie de devenir entrepreneurs qui a réuni les deux associés, Bart Gruyaert et Stanislas Vigier. Le premier, un belge d'origine flamande, ingénieur naval et doté d'un MBA, a une solide expérience dans l'industrie : il est passé chez Philips, Saint-Gobain, ArcelorMittal, ou Ahlers, un groupe belge spécialisé dans la logistique pour lequel il a vécu trois ans au Kazakhstan. Ingénieur agronome, le français Stanislas Vigier a, de son côté, travaillé pour de grands groupes comme Capgemini ou Carrefour, avant de se mettre à son compte, comme consultant dans le commercial. « Notre rencontre a été déterminante », raconte Stanislas Vigier.

Reprise d'entreprises en difficulté: du Bernard Tapie des années 1980!

Créé en 2014, Altifort se spécialise rapidement dans la reprise d'entreprises en difficulté. Il rachète une première affaire de taille de pierre, puis une autre, dans les meubles de style. « Nous n'avions pas les moyens à l'époque de racheter des sociétés industrielles », raconte Stanislas Vigier. C'est la  reprise en 2016 de l'usine de Pentair, à Ham , spécialisée dans les vannes et robinets industriels, qui ancrera Altifort dans l'industrie. Le groupe enchaîne ensuite les rachats, « huit ou neuf » au total, explique Bart Gruyaert. Parmi lesquels, deux sites de Vallourec repris cette année, à Cosne-sur-Loire (Nièvre) et à Tarbes (Hautes Pyrénées), ou encore deux tréfileries appartenant à ArcelorMittal, à Commercy (Meuse) et Sainte-Colombe (Côte d'Or).

Une croissance à marche forcée : de 320 salariés fin 2017, Altifort est passé à 1.500 aujourd'hui. « Toutes les sociétés reprises avant le 1er janvier 2018 ont été redressées. Hors éléments exceptionnels, nous avons dégagé un résultat brut d'exploitation et un résultat net positifs », affirme Bart Gruyaert. Les deux jeunes quadras ont en tout cas impressionné Cédric Orban, le directeur d'Ascoval. « Ils ont de très bonnes idées, sont déterminés et professionnels », dit-il. Reste maintenant à convaincre clients et financiers.

Cela dit, la métallurgie est en fin de vie dans le Nord de la France, les soins palliatifs sont activés avec plus ou moins d’éclat par l'état stratège qui est actionnaire minoritaire (15%) dans Vallourec, lequel veut se retirer définitivement.

 

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