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Révolution de 1789 version moderne 2018 (suite)

Source Charles Sannat

Le principe de subsidiarité pproposé par Charles Sannat pour sortir du climat insurrectionnel actuel  c'est du Girondisme. Un autre - député que j'ai vu sur France Info mais je ne retrouve plus - propose le retour aux régions... puisque le pouvoir Jacobin de Paris  échoue.

Le principe de subsidiarité pour sortir de l’insurrection et éviter la révolution ! » L’édito de Charles SANNAT 3/12/2012

 

Il est important de rappeler ce qui se joue collectivement. Comme il était à redouter, ce qui devait arriver arriva.

C’est, pour le moment, une évidente insurrection. Elle n’est pas localisée aux Champs-Élysées, comme les caméras de médias tellement parisiens et parisianistes peuvent le montrer ou le laisser croire. Elle touche tout le pays. De Toulouse à Marseille, de la préfecture incendiée du Puy-en-Velay à la dévastation qui a frappé la ville de Narbonne.

Il est important de rappeler à tous ce qui se joue, et aux premiers d’entre nous qui président (encore) aux destinées de cette grande nation.

La Révolution de 1789, ce sont des centaines de milliers de morts à l’échelle d’un pays qui, à l’époque, ne comptait évidemment pas presque 70 millions d’habitants.

Une insurrection tourne vite en révolution, et la révolution, si elle peut être séduisante, est évidemment porteuse de grandes violences. Non, pour être plus précis, une révolution violente c’est la certitude d’immenses massacres.

Éteindre l’insurrection ne se fera pas par la répression, mais par une solution politique.

L’État doit d’ailleurs plus redouter 500 000 coléreux soutenus par 80 % de la population que 1 million de cégétistes soutenus par … 1 million de cégétistes ! C’est ainsi que naissent les insurrections qui terminent en révolution.

Par et pour le peuple ? Non, par l’élite et pour l’oligarchie !

L’une des causes profondes de notre malaise collectif c’est évidemment que les politiques menées ne le sont plus pour et par le peuple, mais par les élites contre le peuple.

Il importe peu, d’un point de vue analytique, que ce que je dis ici soit vrai ou faux. Non pas que la vérité n’ait pas d’importance, mais parce que la situation démocratique est vécue et ressentie de cette manière-là par le peuple de France.

  • Les élites font la politique de Bruxelles.
  • Les élites font la politique du FMI.
  • Les élites font la politique des marchés.
  • Les élites font la politique de la solvabilité.

Peu importent les mots que vous utilisez. Nos gilets jaunes veulent être remis au centre des préoccupations, de la politique et… de l’action publique, de même que les 80 % de Français qui les soutiennent.

Bien évidemment, toutes les violences sont intolérables, mais pour tout vous dire, je n’ai pas trop peur des violences auxquelles nous avons assisté ce week-end. N’imaginez pas un seul instant que je les tolère. Pour le coup, je partage l’avis de Castaner, ministre de l’Intérieur, qui expliquait qu’il fallait protéger les personnes plus que les biens. Les dégâts matériels restent des dégâts matériels. C’est désagréable, parfois très triste, mais cela reste du matériel. Ce qui me fait peur, c’est la montée terrible de cette colère dont j’essaie, avec mes modestes moyens, de prévenir du danger qu’elle représente si elle n’est pas traitée à la racine.

Demain, ou samedi prochain, les fourches sortiront à nouveau. Un jour, il y aura mort d’homme. On pendra les riches ou ceux que l’on croit riches, et comme à chaque fois dans ces moments de l’histoire, c’est le vent de l’anarchie qui balaiera notre pays. Au Puy-en-Velay, le préfet était enfermé à triple tour dans son bureau et refusait d’en sortir. Assiégé. À ce niveau, nous ne sommes presque plus en insurrection, mais bien en révolution.

Les causes sont complexes, multiples, mais comme tous les problèmes, même les plus complexes, si on regarde avec le cœur, comme disait si justement Saint-Exupéry, alors l’essentiel devient visible pour les yeux.

L’essentiel tient en 3 mots.

Par et pour le peuple.

Ces trois mots qui justifient tout, qui expliquent tout et qui sont à la base de toute notre société, ont été oubliés depuis 40 ans par nos dirigeants successifs. Tous.

Le dernier en date, celui qui se fait siffler avenue Kléber, n’est que l’incarnation de la fin d’un processus de négation de la justification de l’action publique.

Le peuple a, depuis des décennies, l’impression de se faire prendre pour un imbécile. Quand il vote non à un référendum, on lui fait un traité sur ce qu’il vient de refuser. Mépris démocratique évident.

Nous sommes confrontés à l’arrogance d’élites qui se pensent éclairées et susceptibles de mieux décider de notre avenir que chacun de nous.

Des élites qui pensent mieux penser que tous les autres qui sont méprisés et dont il faut faire le bonheur à l’insu de leur plein gré.

Ils sont tellement enfermés dans leur arrogance et leur mépris qu’ils pensaient que cela durerait toujours et que cela resterait toujours indolore.

Macron n’est pas responsable de tout. Il est l’aboutissement, le summum de ceux qui ne dirigent plus pour le peuple et par le peuple. Pourtant, tout n’était pas à jeter, loin de là. Désormais, plus rien n’est audible, et les gilets jaunes ne rentreront pas chez eux. Samedi prochain, le peuple ira encore à Paris faire entendre ses demandes.

Son exigence. Par et pour moi ! Je suis le peuple proclame le peuple. Alors justement, ce cri doit être entendu.

Il ne faut pas tomber dans le piège uniquement de la taxe qui sera baissée. La situation exige de remettre le peuple au centre des choix et des complexités et d’accepter d’abandonner un peu de pouvoir.

Il existe un très beau concept : celui de subsidiarité. L’essentiel de la solution et d’une gouvernance moderne y est. C’est parce que ce principe est oublié que nous sommes dans la situation de blocage qui est la notre.

La suite sur la lettre de Charles Sannat

La subsidiarité.



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