batinote.wordpress.com par Bechir Houman

 

Le paradoxe de la Reine Rouge – courir pour garder la même place – Pépites

 


Le paradoxe de la reine rouge

Dans le roman qui succède à Alice au pays des Merveilles, « De l’autre côté du miroir », Lewis Carrol décrit une conversation entre Alice et un personnage étrange, ‘la Reine Rouge’. Alice trouve bizarre le fait de courir sans avancer d’un centimètre :

« Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, (Alice et la Reine Rouge) se mirent à courir.
Ce qu’il y avait de plus curieux, c’est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place : elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien.
« Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ? » pensait la pauvre Alice, tout intriguée.(…)
– Mais voyons, s’exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n’avons pas bougé de sous cet arbre ! Tout est exactement comme c’était !
– Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?
– Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire.
On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit », dit la reine. « Si tu veux te déplacer, tu dois courir au moins deux fois plus vite ! »

Ce concept de ‘course sur place’ paraîtra familier à plus d’un : Il illustre l’état actuel de nombreux dirigeants qui se précipitent dans l’univers truffé d’embûches de l’économie et ne parviennent pas à atteindre l’objectif qu’ils s’étaient fixé.

Ces dirigeants qui ont le sentiment d’avoir perdu le contrôle de leur travail, de leur carrière et de leur vie. Ils courent à en perdre haleine juste pour rester sur place, mais sont incapables de progresser.

Notre vision du changement est linéaire : changer c’est se mettre en mouvement pour aller d’un point à un autre. Et l’on s’attend à changer pour mieux. Le changement doit être synonyme de progrès.

Le nom de cette théorie biologique de Leigh Van Valen est inspiré d’un épisode du livre de Lewis Carroll : De l’autre côté du miroir.

Ce paradoxe sert en partie à expliquer l’évolution et la sélection naturelle. On s’adapte pour survivre, pour rester à la même place.

J’aime beaucoup cette façon de penser au-delà même de l’aspect biologique. Dans la vie en général, il faut avancer pour ne pas reculer. Se battre pour ne pas revenir en arrière.

 

Publié par Bechir Houman Humaniste, pacifiste Voir tous les articles de Bechir Houman

 

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